Frise chronologique
1772
Fondation de l’école informelle
Fondation de l’école informelle
1772 (≈ 1772)
Création par l’abbé de L’Épée rue des Moulins.
21 novembre 1778
Soutien royal de Louis XVI
Soutien royal de Louis XVI
21 novembre 1778 (≈ 1778)
Pension de 6 000 livres accordée.
25 mars 1785
Transfert au couvent des Célestins
Transfert au couvent des Célestins
25 mars 1785 (≈ 1785)
Érigé en établissement d’éducation par arrêt royal.
21 juillet 1791
Création officielle par décret
Création officielle par décret
21 juillet 1791 (≈ 1791)
Institution des sourds-muets de Paris.
14 février 1794
Installation rue Saint-Jacques
Installation rue Saint-Jacques
14 février 1794 (≈ 1794)
Transfert dans l’ancien séminaire Saint-Magloire.
1795
Extension du modèle à Bordeaux
Extension du modèle à Bordeaux
1795 (≈ 1795)
Décret assimilant les institutions.
1823
Reconstruction des bâtiments
Reconstruction des bâtiments
1823 (≈ 1823)
Dirigée par Antoine-François Peyre.
1989–1990
Protection comme Monument Historique
Protection comme Monument Historique
1989–1990 (≈ 1990)
Classement des façades et éléments intérieurs.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures ; grande galerie couverte sur la cour d'honneur ; salle des Fêtes, son vestibule et son escalier d'accès ; terrasse donnant sur le jardin ; jardin (cad. 05 : 03 BG 39) : inscription par arrêté du 9 novembre 1989 ; Escalier d'honneur avec son garde-corps et sa cage ; volume intérieur avec le décor subsistant de l'ancienne chapelle (cad. 05 : 03 BG 39) : classement par arrêté du 18 décembre 1990
Personnages clés
| Charles-Michel de L’Épée - Fondateur et pédagogue |
Créa la première école pour sourds à Paris. |
| Louis XVI - Protecteur royal |
Finança l’institution via sa cassette personnelle. |
| Abbé Sicard - Directeur successeur |
Poursuivit l’œuvre de L’Épée après 1789. |
| Jacob Rodrigue Pereire - Pédagogue rival |
Développa une méthode concurrentes dès 1749. |
| Jean Itard - Médecin de l’institution |
Servit de 1800 à 1838. |
| Antoine-François Peyre - Architecte |
Reconstruisit les bâtiments en 1823. |
Origine et histoire
L’Institut national des jeunes sourds de Paris (INJS), surnommé Institut Saint-Jacques, est l’un des plus anciens établissements au monde dédié à l’éducation des jeunes sourds. Fondé en 1791, il perpétue l’œuvre de l’abbé Charles-Michel de L’Épée (1712–1789), qui créa en 1772 une école informelle rue des Moulins pour développer une méthode pédagogique innovante, en rivalité avec les travaux de Jacob Rodrigue Pereire. Malgré des difficultés financières et le refus de l’archevêché de Paris, Louis XVI accorda une pension de 6 000 livres en 1778, puis plaça l’institution sous protection royale. Un arrêt de 1785 officialisa son transfert au couvent des Célestins, dont les biens furent attribués à l’école après la suppression du monastère.
En 1791, un décret de l’Assemblée nationale créa officiellement l’Institution des sourds-muets de Paris, honorant l’abbé de L’Épée comme « bienfaiteur de la Patrie ». L’école des aveugles de Valentin Haüy y fut temporairement associée en 1791, avant leur séparation en 1794. Cette année-là, l’INJS s’installa dans l’ancien séminaire Saint-Magloire, à l’angle des rues Saint-Jacques et des Deux-Églises (renommée rue de l’Abbé-de-l’Épée en 1846). Les bâtiments, reconstruits en 1823 par l’architecte Antoine-François Peyre, abritent toujours l’institut aujourd’hui.
L’INJS joua un rôle clé dans l’histoire de l’éducation spécialisée. Sous la direction de l’abbé Sicard (successeur de L’Épée), puis avec Jean Itard comme médecin (1800–1838), l’institution développa des méthodes pédagogiques pionnières. Un décret de 1795 étendit son modèle à Bordeaux. Les façades, toitures, et éléments intérieurs (chapelle, salle des Fêtes) furent protégés comme Monuments Historiques en 1989 et 1990, témoignant de son patrimoine architectural et éducatif.