Frise chronologique
1476
Destruction du château de Montanier
Destruction du château de Montanier
1476 (≈ 1476)
Raid des Bernois sur Samoëns.
1904-1906
Création du jardin par Marie-Louise Jaÿ
Création du jardin par Marie-Louise Jaÿ
1904-1906 (≈ 1905)
Aménagement par Jules Allemand, inauguration en 1906.
1936
Rattachement au Muséum national d'histoire naturelle
Rattachement au Muséum national d'histoire naturelle
1936 (≈ 1936)
Création du laboratoire GRIFEM.
17 octobre 2016
Classement monument historique
Classement monument historique
17 octobre 2016 (≈ 2016)
Inscription en totalité (jardin, chapelle, villa, etc.).
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
En totalité, le jardin botanique, y compris les parcelles sur lesquelles il se trouve, la chapelle à bulbe, les ruines du vieux château de la Tornaltaz, les façades et toitures de la villa du docteur-médecin, les façades et toitures du laboratoire de recherche, le mur de clôture, les rocailles, les enrochements, et l'ensemble du réseau hydraulique (cad. G 1850, 1853, 6351), tel que représenté sur le plan annexé à l'arrêté : inscription par arrêté du 17 octobre 2016
Personnages clés
| Marie-Louise Jaÿ (dite Cognacq-Jaÿ) - Fondatrice et mécène |
Créatrice du jardin et de La Samaritaine. |
| Jules Allemand - Architecte paysagiste |
Concepteur des rocailles et aménagements. |
| Ernest Cognacq - Époux de Marie-Louise Jaÿ |
Co-fondateur de La Samaritaine. |
Origine et histoire
Le jardin botanique alpin La Jaÿsinia, situé à Samoëns en Haute-Savoie, a été créé entre 1905 et 1906 sur un coteau calcaire exposé sud-ouest, à l’initiative de Marie-Louise Jaÿ (dite Cognacq-Jaÿ), fondatrice des magasins La Samaritaine. Ce terrain de 3,5 hectares, en pente entre 700 et 780 m d’altitude, abritait autrefois les ruines du château de Montanier, détruit en 1476. L’aménagement paysager, confié à l’architecte Jules Allemand (créateur des rocailles du parc Ariana à Genève), a mobilisé 200 ouvriers pendant deux ans. Le jardin, offert à la ville en 1906, mêle sentiers escarpés, cascades, et une chapelle offrant un panorama sur la vallée du Giffre.
Marie-Louise Jaÿ, née dans une famille modeste de Samoëns, a financé ce projet philanthropique en parallèle de ses œuvres caritatives parisiennes. À l’entrée du jardin, une maison bourgeoise, dite maison du médecin, était destinée à accueillir un praticien pour soigner gratuitement les indigents et les femmes enceintes. Transformée dans les années 1990, elle abrite aujourd’hui un espace muséographique. En 1936, la direction scientifique du jardin est confiée au Muséum national d’histoire naturelle, qui y installe un laboratoire botanique (GRIFEM) dédié à la recherche sur les écosystèmes montagneux.
Classé monument historique en 2016 et labellisé Patrimoine du XXe siècle, La Jaÿsinia rassemble 8 000 plantes (4 500 espèces), majoritairement originaires de zones froides ou montagneuses des cinq continents. Le site, parcouru par un ruisseau et des rocailles, attire des milliers de visiteurs annuellement. Ses éléments protégés incluent la chapelle à bulbe, les ruines du château de la Tornaltaz, la villa du médecin, et l’ensemble du réseau hydraulique. Le jardin illustre à la fois l’héritage local de Marie-Louise Jaÿ et l’évolution des pratiques scientifiques en botanique alpine.