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Jardin d'acclimatation - Paris 16ème

Patrimoine classé Jardin

Jardin d'acclimatation - Paris 16ème

    Bois de Boulogne
    75016 Paris

Frise chronologique

Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1854
Fondation de la Société impériale zoologique
6 octobre 1860
Inauguration par Napoléon III
1870
Fermeture pendant la guerre franco-prussienne
1877-1931
Période des zoos humains
2017-2018
Rénovation majeure par LVMH
2022
Fréquentation record
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Isidore Geoffroy Saint-Hilaire - Fondateur de la Société zoologique Initiateur du projet d’acclimatation en 1854.
Napoléon III - Empereur et protecteur Accorda la concession et inaugura le jardin.
Gabriel Davioud - Architecte du parc Conçut les bâtiments et aménagements initiaux.
Jean-Pierre Barillet-Deschamps - Paysagiste Auteur du tracé historique restauré en 2017.
Albert Geoffroy Saint-Hilaire - Directeur (1865-1893) Organisateur des premières exhibitions humaines en 1877.
Bernard Arnault - PDG de LVMH Concessionnaire depuis 1984, financeur des rénovations.

Origine et histoire

Le Jardin d'acclimatation, situé dans le 16e arrondissement de Paris, a été créé en 1860 à l’initiative de la Société impériale zoologique d’acclimatation, fondée en 1854 par le zoologiste Isidore Geoffroy Saint-Hilaire. Ce projet visait à acclimater des espèces animales exotiques pour des usages agricoles, commerciaux ou récréatifs. Le parc, conçu par l’architecte Gabriel Davioud et le paysagiste Jean-Pierre Barillet-Deschamps, s’étendait initialement sur 19 hectares à la lisière du bois de Boulogne. Dès son ouverture, il abritait des animaux rares comme des girafes, des kangourous et des bananiers, ainsi qu’un aquarium inauguré en 1861.

Entre 1870 et 1930, le jardin évolua vers un parc de loisirs tout en conservant une dimension éducative, avec des conférences, des concerts et des attractions sportives. Pendant la guerre de 1870, ses animaux furent abattus pour nourrir les Parisiens assiégés. Le parc fut restauré en 1872 et se reconstitua progressivement grâce à des dons, comme deux éléphants offerts par le roi d’Italie. Cependant, à partir des années 1877, il devint tristement célèbre pour ses « zoos humains », où des groupes ethniques, principalement africains, étaient exhibés comme des curiosités, alimentant les débats sur le racisme et le colonialisme.

De 1877 à 1931, le Jardin d’acclimatation organisa 22 expositions d’êtres humains, présentés comme des « sauvages » derrière des barreaux, aux côtés d’animaux exotiques. Ces exhibitions, souvent mortelles pour les participants (32 décès recensés), servaient à légitimer les théories raciales et l’ordre colonial. En 2013, une plaque commémorative y fut apposée pour rappeler ces pratiques. À partir des années 1950, le parc se reconvertit en espace familial, perdant ses animaux exotiques au profit de manèges, d’un théâtre de Guignol et d’aires de jeux.

En 1984, le groupe LVMH de Bernard Arnault racheta la concession du jardin, alors gérée par la SARL Maillot Maurice-Barrès. Sous sa direction, le parc connut des rénovations majeures, notamment en 2017-2018, avec un réaménagement de 60 millions d’euros pour moderniser les attractions dans un style steampunk et restaurer le tracé historique de Barillet-Deschamps. Aujourd’hui, le Jardin d’acclimatation attire près de 2 millions de visiteurs par an, mêlant patrimoine napoléonien, loisirs familiaux et mémoire controversée.

Le parc abrite des attractions emblématiques comme le Petit train (1878), premier train à voie étroite de France, ou la Rivière enchantée (1926). Depuis 2018, il propose des manèges modernes (montagnes russes, cinéma interactif) et des espaces naturels (ferme, volière, potager). La Fondation Louis-Vuitton, construite en 2014 par Frank Gehry sur l’ancien site du bowling, symbolise son ancrage contemporain. Malgré ses transformations, le jardin reste un témoignage des ambitions scientifiques du XIXe siècle et des évolutions sociétales.

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