Frise chronologique
1969–1989
Création du jardin
Création du jardin
1969–1989 (≈ 1979)
Réalisation des 400 statues par Gabriel Albert.
10 mai 2011
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
10 mai 2011 (≈ 2011)
Inscription des parties bâties et statuaires.
2017
Restauration des œuvres
Restauration des œuvres
2017 (≈ 2017)
Chantier lancé par la Nouvelle-Aquitaine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les parties bâties et non bâties ainsi que la composition statuaire formant le jardin, en totalité (cad. ZL 103, 119) : inscription par arrêté du 10 mai 2011
Personnages clés
| Gabriel Albert - Créateur et maître d’œuvre |
Auteur des statues et du jardin. |
| Anita Drahonnet - Épouse de Gabriel Albert |
Compagne de vie à Chez Audebert. |
Origine et histoire
Le Jardin de Gabriel est une œuvre artistique unique réalisée par Gabriel Albert entre 1969 et 1989 dans le hameau de Chez Audebert, à Nantillé (Charente-Maritime). Ce jardin-musée en plein air rassemble environ 400 statues et bustes en ciment armé, disposés autour de la maison et de l’atelier de l’artiste. Les œuvres, majoritairement peintes, représentent des figures humaines (anonymes, historiques ou fictives), ainsi qu’une quarantaine d’animaux. L’ensemble, incluant les parties bâties et la composition statuaire, a été inscrit à l’inventaire des Monuments Historiques le 10 mai 2011 pour son caractère exceptionnel.
Gabriel Albert (1904–1997), menuisier autodidacte, a conçu ce projet après sa retraite en 1969, transformant sa propriété en une œuvre d’art totale. Il a lui-même construit sa maison, son atelier, et les éléments décoratifs du jardin (portiques, vasques, moulin à vent), dans un souci du détail méticuleux. Son travail s’inscrit dans la tradition des habitants-paysagistes, comme le Facteur Cheval, mêlant art brut et naïveté créative. À sa mort, le jardin, pensé pour être visité (symbolisé par une statue de gardien à l’entrée), est devenu un lieu patrimonial protégé.
Un inventaire mené en 2009–2010 par la région Poitou-Charentes (aujourd’hui Nouvelle-Aquitaine) a recensé 388 œuvres subsistantes sur les 420 créées : 202 statues et 186 bustes. Les figures féminines y dominent largement. En 2017, la région a lancé un chantier de restauration pour préserver ces pièces, certaines endommagées par le temps ou la mousse. Le jardin illustre ainsi la vie rurale et l’art populaire du XXe siècle, tout en célébrant la créativité d’un artiste hors norme.
Gabriel Albert a vécu toute sa vie à Nantillé, où il s’est installé en 1941 avec son épouse Anita Drahonnet (1905–1999). Son parcours, marqué par des métiers manuels avant de se consacrer à la sculpture, reflète une quête artistique tardive mais prolifique. Son œuvre, à la fois intime et monumentale, témoigne d’une vision du monde à travers des matériaux simples (ciment, sable) et une esthétique accessible, ancrée dans son territoire saintongeais.
Le Jardin de Gabriel dialogue avec d’autres réalisations d’art brut en France, comme le Palais idéal du Facteur Cheval ou la Maison Picassiette. Ces créations partagent une démarche d’appropriation totale de l’espace de vie par l’artiste, transformant l’ordinaire en extraordinaire. Classé Monument Historique, le jardin est aujourd’hui un lieu de mémoire et de découverte, géré par la région Nouvelle-Aquitaine, qui en assure la préservation et la valorisation.