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Jardin des Cèdres à Saint-Jean-Cap-Ferrat dans les Alpes-Maritimes

Jardin des Cèdres

    Route Sans Nom
    06230 Saint-Jean-Cap-Ferrat
Propriété privée

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
XVIIe siècle
Origines agricoles
Années 1850
Acquisition par Pollonnais
1904
Rachat par Léopold II
1905-1908
Création du jardin paysager
1924
Acquisition par Marnier-Lapostolle
Années 1950-1960
Construction des serres
1976
Décès de Julien Marnier-Lapostolle
2 février 2021
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les parties suivantes de l’ensemble formé par le jardin des Cèdres, telles que délimitées sur le plan annexé à l’arrêté : le parc et les jardins botaniques avec les serres, les fabriques de jardin, la statuaire et les clôtures, à l’exclusion des autres bâtiments, la chapelle Saint-François-de-Sales, situées 57 avenue Albert Ier, 2 chemin du roy, 119 boulevard de Gaulle et 55 avenue Denis Semeria, sur les parcelles n° 1, 15, 16 et 48, figurant au cadastre section AC : inscription par arrêté du 2 février 2021

Personnages clés

David-Désiré Pollonnais - Maire de Villefranche-sur-Mer Acquiert le domaine au XIXe siècle.
Léopold II - Roi des Belges Agrandit le domaine et lance les jardins.
Aaron Messiah - Architecte Remanie la villa pour Léopold II.
Elie Lainé - Paysagiste Crée le jardin paysager en 1905.
Jules Vacherot - Architecte paysagiste Aménage le jardin Nord-Est.
Alexandre Marnier-Lapostolle - Propriétaire et mécène Développe le jardin botanique en 1924.
Julien Marnier-Lapostolle - Botaniste et propriétaire Transforme le site en conservatoire mondial.
Suzanne Marnier-Lapostolle - Épouse de Julien Poursuit les aménagements après 1976.
Guy Joulin - Paysagiste Réaménage les serres (1988-1999).

Origine et histoire

Le Jardin des Cèdres trouve ses origines au XVIIe siècle, lorsque le site, alors agricole, était centré autour d’un ensemble bâti isolé au cœur du Cap Ferrat. Au XIXe siècle, David-Désiré Pollonnais, maire de Villefranche-sur-Mer, acquiert le domaine et y fait planter les premières essences exotiques. La villa est reconstruite par l’architecte Sébastien-Marcel Biasini, marquant le début des transformations paysagères du site.

En 1904, le roi des Belges Léopold II rachète la propriété, la rebaptise Les Cèdres et entreprend d’importants travaux. Il agrandit le domaine, recrute l’architecte Aaron Messiah pour remodeler la villa, et confie à Elie Lainé la création d’un jardin paysager. Entre 1905 et 1908, des aménagements majeurs sont réalisés, comme la démolition d’une métairie pour créer un lac, ou l’ajout d’une écurie. Jules Vacherot conçoit également le jardin du bas, un pavillon de thé et des terrasses italiennes.

Après la mort de Léopold II en 1909, le domaine est négligé jusqu’en 1921, année où Ernest Cassel y effectue des travaux, modifiant notamment l’accès principal. En 1924, Alexandre Marnier-Lapostolle acquiert la villa et développe le jardin botanique, introduisant des essences mexicaines et des bigaradiers pour la production de Grand-Marnier. Son fils, Julien, transforme le site en un conservatoire d’espèces exotiques, collaborant avec des botanistes mondiaux comme Werner Rauh ou Peter Bally.

À partir des années 1950, le jardin gagne une renommée internationale grâce à ses collections uniques, dont 44 espèces décrites sur place. Les serres, construites dans les années 1950-1960, abritent des plantes succulentes parmi les plus importantes au monde. Après la mort de Julien Marnier-Lapostolle en 1976, son épouse Suzanne poursuit l’œuvre, avec des réaménagements comme la serre tropicale (1993-1999). En 1998, le jardin compte entre 14 000 et 16 000 espèces.

Le domaine, incluant la chapelle Saint-François-de-Sales, est classé Monument Historique en 2021. Ses éléments protégés couvrent le parc, les serres, les fabriques de jardin et la statuaire. Le climat méditerranéen de la presqu’île a favorisé l’acclimatation d’essences rares, renforçant son rôle scientifique et patrimonial.

Liens externes