Frise chronologique
1761
Création du jardin royal
Création du jardin royal
1761 (≈ 1761)
Aménagement par Louis XV près du château du Coq.
1778
Vente par Louis XVI
Vente par Louis XVI
1778 (≈ 1778)
Acquisition par Joly de Fleury et morcellement ultérieur.
1898
Inauguration du site actuel
Inauguration du site actuel
1898 (≈ 1898)
Transfert du jardin fleuriste et construction des serres.
1968
Réduction du jardin
Réduction du jardin
1968 (≈ 1968)
Perte d’un tiers de la surface pour le périphérique.
1er septembre 1998
Classement monument historique
Classement monument historique
1er septembre 1998 (≈ 1998)
Protection des serres et du jardin.
2021
Label Jardin remarquable
Label Jardin remarquable
2021 (≈ 2021)
Reconnaissance officielle de sa valeur botanique.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Louis XV - Roi de France |
Commanditaire du premier jardin en 1761. |
| Jean Camille Formigé - Architecte en chef |
Concepteur des serres en 1898. |
| Jules Dalou - Sculpteur |
Auteur de la fontaine *Bacchanale*. |
| Auguste Rodin - Sculpteur |
Créateur des mascarons des terrasses. |
| Adolphe Alphand - Ingénieur |
Fondateur du jardin fleuriste en 1855. |
Origine et histoire
Le jardin des serres d'Auteuil trouve ses origines en 1761, lorsque Louis XV fit aménager un jardin botanique avec des serres près de son château du Coq, à l’emplacement actuel du 16e arrondissement. Vendues en 1778 par Louis XVI, ces terres furent morcelées un siècle plus tard. Le site actuel fut créé en 1898 par l’architecte Jean Camille Formigé, qui y érigea cinq serres monumentales en fonte bleu turquoise, une fontaine de Jules Dalou et des mascarons d’Auguste Rodin, dans le cadre du transfert du jardin fleuriste municipal depuis la Muette.
À l’origine, le jardin s’étendait sur une surface bien plus vaste, incluant une partie de l’actuel bois de Boulogne. En 1898, il devint un pôle majeur du Jardin botanique de Paris, dédié à la production horticole pour les espaces verts de la capitale. Les serres, conçues dans un style Art Nouveau, abritaient des collections tropicales, tandis que le parc était agrémenté d’œuvres d’art, comme la Bacchanale de Dalou et des mascarons de Rodin, initialement prévus pour le palais du Trocadéro.
Au XXe siècle, le jardin subit des transformations majeures : en 1968, la construction du boulevard périphérique réduisit sa surface d’un tiers, entraînant le déménagement partiel des activités horticoles. En 1998, il fut inscrit aux monuments historiques pour ses serres et son patrimoine paysager. Entre 2011 et 2021, le projet d’extension de Roland-Garros provoqua une polémique en raison de la destruction prévue de serres techniques et d’espaces verts, opposant la Fédération française de tennis aux défenseurs du patrimoine.
Le jardin abrite aujourd’hui près de 5 000 espèces végétales, organisées en collections thématiques (orchidées, fougères, palmiers) et en serres climatiques spécialisées. Son architecture allie des structures en fonte du XIXe siècle à des bâtiments en meulière, comme l’orangerie. Malgré les controverses récentes, il obtint en 2021 le label Jardin remarquable, reconnaissant sa valeur botanique et historique.
Les serres historiques, classées pour leur style 1900, contrastent avec les aménagements contemporains, comme le court de tennis semi-enterré construit en 2016. Le site reste un lieu de culture et de préservation, proposant expositions botaniques et événements artistiques, tout en incarnant les tensions entre patrimoine et modernité dans l’urbanisme parisien.