Origine et histoire du Jardin
Le jardin des Tuileries, situé dans le 1er arrondissement de Paris, trouve son origine au XVIe siècle sur l’emplacement d’anciennes tuileries. Acquis par François Ier pour sa mère Louise de Savoie, le terrain est ensuite racheté par Catherine de Médicis, qui y fait construire le palais des Tuileries et aménage un jardin à l’italienne. Ce dernier, organisé en parterres géométriques, est orné de fontaines, d’une ménagerie et d’une grotte décorée par Bernard Palissy. Les terrasses et allées, conçues pour mettre en valeur le palais, structurent encore aujourd’hui son tracé.
En 1664, Louis XIV et Colbert confient à André Le Nôtre la refonte du jardin dans le style français. Le Nôtre agrandit l’espace vers l’ouest, intègre le jardin Renard, et crée des terrasses emblématiques comme celle des Feuillants. Malgré les craintes de dégradations, Charles Perrault défend son accès public, arguant de son rôle social pour les Parisiens. Le jardin devient alors un lieu de promenade, de rencontres et d’animations, avec des cafés, des chaises louées, et des statues marquant son prestige royal.
La Révolution transforme le jardin en scène politique : le bassin rond accueille des cérémonies comme celle de l’Être suprême (1794) ou les hommages à Rousseau. Au XIXe siècle, Napoléon III y ajoute l’orangerie (1852) et le jeu de paume (1861), aujourd’hui musées. L’incendie du palais des Tuileries en 1871, lors de la Commune, modifie profondément sa perception : les ruines rasées en 1883 laissent place à une continuité visuelle avec le Louvre. Le jardin, classé monument historique depuis 1914 et protégé par l’UNESCO, reste un lieu culturel majeur, accueillant expositions, foires d’art et événements comme la FIAC.
Au XXe siècle, le jardin subit les guerres (obus en 1918, potagers pendant l’Occupation) et des rénovations, comme celle menée par Louis Benech et Pascal Cribier à partir de 1995. Depuis 2005, sa gestion est confiée au musée du Louvre, qui y expose des sculptures modernes (Rodin, Giacometti, Bourgeois) en dialogue avec son patrimoine historique. Aujourd’hui, il allie patrimoine, art contemporain et vie parisienne, avec ses 25,5 hectares ouverts au public.
Le jardin des Tuileries est aussi un lieu de mémoire artistique et scientifique : premier vol en ballon habité (1783), salons de l’automobile (1898), ou encore installations éphémères comme les Tours de la Liberté (1989). Ses statues, dont certaines sont des moulages, témoignent de son évolution, des commanditaires royaux (Coysevox, Barye) aux hommages républicains (monuments à Jules Ferry ou Waldeck-Rousseau).