Frise chronologique
fin du VIᵉ siècle av. J.-C.
Première voie nord-sud
Première voie nord-sud
fin du VIᵉ siècle av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Voie archaïque découverte sur le site.
IIᵉ siècle av. J.-C.
Reconstruction du rempart
Reconstruction du rempart
IIᵉ siècle av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Rempart en calcaire rose résistant à César.
début du IIᵉ siècle ap. J.-C.
Construction du bassin d'eau douce
Construction du bassin d'eau douce
début du IIᵉ siècle ap. J.-C. (≈ 100)
Alimentation des bateaux et gestion des alluvions.
1967
Découverte des vestiges
Découverte des vestiges
1967 (≈ 1967)
Fouilles lors des travaux du Centre Bourse.
1983
Ouverture au public
Ouverture au public
1983 (≈ 1983)
Création du jardin par Joël-Louis Martin.
2019
Réouverture après rénovation
Réouverture après rénovation
2019 (≈ 2019)
Modernisation du site et du parcours.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les restes d'un mur grec, dit mur de Grinas, sous la place de la Bourse : classement par arrêté du 22 décembre 1916 - La parcelle n° 12 (9660 m2) près des rues Henri-Barbusse, de la Reine Elisabeth et de Bir-Hakeim, renfermant des vestiges de diverses périodes antiques (cad. I 12) : classement par arrêté du 18 décembre 1972
Personnages clés
| Joël-Louis Martin - Architecte paysagiste |
Créateur du jardin en 1983. |
| Crinas - Médecin marseillais (attribution erronée) |
Nom associé à tort au mur du IIᵉ siècle av. J.-C. |
Origine et histoire
Le Jardin des Vestiges, situé derrière le Centre Bourse dans le 1er arrondissement de Marseille, abrite les vestiges archéologiques du port antique de la cité phocéenne. Découvert en 1967 lors de travaux pour un centre commercial, le site a révélé des fortifications grecques, des enclos funéraires et des infrastructures portuaires datant du VIe siècle av. J.-C. au IVe siècle ap. J.-C. Environ 10 000 m2 ont été classés monuments historiques, tandis que 20 000 m2 furent sacrifiés pour la construction. Fouillé pendant une décennie par le CNRS, le site a été aménagé en jardin public par l’architecte paysagiste Joël-Louis Martin et intégré au Musée d’histoire de Marseille.
Les vestiges incluent la corne du port, un espace marécageux comblé où subsistent des quais romains de 180 m de long, des escaliers de déchargement, et une épave de bateau du IIIe siècle conservée par lyophilisation et exposée au musée. Les fortifications grecques, reconstruites à plusieurs reprises entre le Ve et le IIe siècle av. J.-C., montrent des techniques évolutives : socle en calcaire surmonté de briques crues, puis de blocs de tuf, enfin de calcaire rose. Le Mur de Crinas (IIe siècle av. J.-C.), initialement attribué à tort à un médecin marseillais du Ier siècle, en est un élément emblématique.
Le site comprend aussi deux tours de défense carrées (10-12 m de haut) encadrant la porte d’Italie, une voie dallée du Bas-Empire avec des stries antidérapantes, et un bassin d’eau douce du IIe siècle alimenté par une source. Ce bassin, étanchéifié à la poix, servait à l’avitaillement des navires et était équipé de roues pour curer les sédiments. Deux terrasses funéraires du IVe siècle av. J.-C., décorées de triglyphes, abritaient des urnes cinéraires en plomb ou bronze, aujourd’hui exposées au musée. Le jardin, rénové en 2019, offre une immersion dans l’urbanisme antique de Massalia.
Classé monument historique en 1916 (pour le Mur de Crinas) puis en 1972 (pour l’ensemble des vestiges), le site illustre l’évolution de Marseille, depuis sa fondation grecque jusqu’à la période romaine. Les fouilles ont aussi révélé des objets du quotidien, jetés dans le port envasé, et des traces d’activités artisanales. Le jardin, conçu comme un écrin pour ces vestiges, permet de visualiser la transition entre la ville antique (au nord) et sa zone portuaire suburbaine, séparées par les remparts.
L’aménagement paysager, réalisé dans les années 1980, a préservé les vestiges in situ tout en les rendant accessibles au public. La rénovation de 2018-2019 a modernisé les parcours de visite et la muséographie, renforçant le lien entre le jardin et le Musée d’histoire de Marseille. Aujourd’hui, le site constitue un témoignage unique de l’archéologie urbaine en France, mêlant patrimoine antique et intégration contemporaine.