Origine et histoire du Jardin Massey
Le Jardin Massey est un espace vert public situé au cœur de Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées, en région Occitanie. Créé au XIXe siècle par le botaniste Placide Massey (1777-1853), ce jardin de 13 hectares mêle arboretum, pépinière et promenade publique. Massey, directeur des pépinières du Trianon et du potager de la Reine à Versailles, légua ce jardin à sa ville natale à sa mort en 1853, avec pour vocation d’y installer un muséum d’histoire naturelle. Le parc, d’inspiration anglaise, fut agrandi après sa mort, intégrant un lac, une serre métallique de style Napoléon III (1882), et les vestiges d’un cloître gothique du XIIIe-XIVe siècle provenant de l’abbaye de Saint-Sever-de-Rustan, remontés en 1890.
Le jardin se distingue par sa richesse botanique, avec 1 370 arbres centenaires (cèdres du Liban, cyprès chauves, tulipiers de Virginie) et 3 800 arbustes, ainsi que par sa statuaire, dont L’Ouragan d’Edmond Desca, statue en bronze qui suscita une polémique en 1887 en raison de la nudité du personnage représenté. Le musée Massey, bâtiment inachevé de style oriental conçu par l’architecte Jean-Jacques Latour, domine le parc. Celui-ci fut partiellement classé Monument Historique entre 1890 et 1995, notamment pour ses éléments architecturaux (serre, cloître, façades) et son tracé paysager.
Le jardin Massey illustre l’héritage de Placide Massey, qui y appliqua ses connaissances acquises à Versailles et au Jardin des Plantes de Paris. Son testament de 1853 précise son souhait de léguer le jardin, les pépinières et ses propriétés tarbaises à la ville, à condition que les revenus servent à leur entretien. Le parc, aujourd’hui labellisé « Jardin remarquable », conserve aussi des traces de son passé horticole, comme l’allée de palmiers Chamaerops plantée vers 1910 ou l’ancienne buvette en bois (1953). Malgré les dommages causés par une tempête en 2020 (effondrement d’un marronnier sur le cloître), il reste un lieu emblématique de Tarbes, alliant patrimoine naturel, artistique et historique.
La serre métallique, classée en 1995, est un exemple remarquable d’architecture Napoléon III, avec son dôme de verre et sa structure en fer, tandis que le cloître, classé dès 1890, rappelle le passé médiéval de la région. Les statues, comme celles de Jules Laforgue ou Théophile Gautier, ainsi que les paons en liberté, ajoutent une dimension culturelle et vivante au site. Le kiosque à musique (1904) et le chalet de la buvette complètent cet ensemble, reflétant les usages sociaux du jardin depuis sa création : lieu de promenade, d’éducation botanique et de rassemblement public.