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Jardin tropical de Paris - Paris 12ème

Patrimoine classé
Jardin

Jardin tropical de Paris - Paris 12ème

    Bois de Vincennes
    75012 Paris

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1899
Fondation par Jean Dybowski
1907
Exposition coloniale
1916
Première mosquée de France
1921
Création de l’INAC
1960
Classement du site
1984
Incendie du temple indochinois
fin XIXe siècle
Création du jardin d'essai colonial
2003
Acquisition par la Ville de Paris
2006
Réouverture au public
2011
Restauration du pavillon Indochine
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Jean Dybowski - Agronome et explorateur Fonda le jardin d’essai colonial en 1899.
Jean-Baptiste Belloc - Sculpteur Auteur du monument à l’expansion coloniale (1907).
René-Dumont - Écologiste pionnier Ancien élève de l’Institut, donne son nom au jardin.

Origine et histoire

Le jardin d'agronomie tropicale René-Dumont, situé à l’est du bois de Vincennes à Paris, occupe l’emplacement de l’ancien jardin d’essai colonial créé à la fin du XIXe siècle. Son objectif initial était d’améliorer les productions agricoles des colonies françaises (café, bananes, caoutchouc) en expédiant graines et boutures outre-mer. Entre 1899 et 1907, il accueille des serres et des pavillons issus d’expositions universelles, comme le kiosque de La Réunion ou la serre du Dahomey, transformant le site en un lieu d’expérimentation et de démonstration coloniale.

En 1907, le jardin abrite une exposition coloniale organisée par la Société française de colonisation, reconstituant six villages (Indochine, Congo, Madagascar, etc.) avec leurs habitants recrutés comme figurants. Ce spectacle, qualifié plus tard de zoo humain, attire entre un et deux millions de visiteurs. Les pavillons encore visibles aujourd’hui (Indochine, Tunisie, Maroc) datent de cette période, bien que certains, comme le pavillon du Congo, aient été détruits par des incendies (2004).

Pendant la Première Guerre mondiale, le site devient un hôpital pour les troupes coloniales, avec l’inauguration en 1916 de la première mosquée de France métropolitaine, remplacée ensuite par la grande mosquée de Paris. Après-guerre, le jardin fusionne avec une école d’agriculture pour former l’Institut d’agronomie coloniale (1921), puis accueille des institutions comme le CIRAD (recherche agronomique tropicale). Classé en 1960, le site tombe en désuétude lors des décolonisations, avant d’être restauré et rouvert au public en 2006 sous son nom actuel.

Aujourd’hui, le jardin mêle patrimoine colonial (pavillons, monuments aux morts des soldats d’outre-mer), recherche scientifique (CIRAD, laboratoires) et développement durable. Les serres, la pagode indochinoise (reconstruite en 1992) et le pavillon de la Tunisie (rénové en 2020) témoignent de son histoire complexe, entre exploitation coloniale et reconversion écologique. La végétation, désormais majoritairement locale, contraste avec les rares espèces tropicales subsistantes (bambous, arbres à latex).

Liens externes