Origine et histoire des jardins de la Fontaine
Les Jardins de la Fontaine sont un parc public situé à Nîmes, dans le Gard, élaborés autour de la source originelle de la ville, vénérée dès l’âge du fer (VIe siècle av. J.-C.). Ce site, occupé avant l’arrivée des Romains, a vu naître l’agglomération nîmoise bien avant la période gallo-romaine. À l’époque romaine, il abritait l’Augusteum, un vaste sanctuaire impérial dont il ne reste aujourd’hui que le temple de Diane. La source, essentielle pour la ville, fut progressivement aménagée, devenant un lieu central de culte et d’approvisionnement en eau.
Au XVIIIe siècle, des travaux de terrassement pour améliorer l’alimentation en eau de Nîmes révélèrent les vestiges romains, dont un sanctuaire dédié à Auguste, un portique et un théâtre antique. En 1745, l’ingénieur Jacques Philippe Mareschal conçut les jardins actuels, préservant les structures antiques tout en intégrant des éléments classiques : escaliers en demi-lune, canaux et bassins. Le projet, initialement utilitaire, devint un chantier d’embellissement urbain, mettant en valeur la tour Magne et le temple de Diane.
Les jardins, classés monuments historiques dès 1840 et labellisés Jardins remarquables, allient héritage antique et aménagement paysager à la française. Leur entrée, marquée par des grilles en fer forgé du XVIIIe siècle, est libre et gratuite. Plantés de pins, platanes et cèdres, ils abritent aussi des vases et statues de marbre issus du château de la Mosson, sculptés par Nicolas Sébastien Adam dans les années 1720.
La source, alimentée par un réseau karstique, fut au cœur de conflits historiques : moulins médiévaux, lavandières au XVIIe siècle, et sécheresses répétées poussèrent les consuls de Nîmes à solliciter des ingénieurs comme Jean de Clapiès pour réguler son débit. Les fouilles récentes ont par ailleurs révélé un quartier populaire indigène et des demeures romaines, témoignant de la richesse archéologique du site.
Aujourd’hui, les Jardins de la Fontaine restent un exemple précoce de parc public européen, mêlant patrimoine antique, histoire hydraulique et art paysager. Leur plan respecte celui du sanctuaire romain, avec des terrasses plantées d’essences méditerranéennes et des vestiges mis en valeur, comme le nymphée central ou les canaux de régulation.