Origine et histoire du Kiosque à musique
Le kiosque à musique de Cannes a été conçu par l'architecte Louis Hourlier et construit en 1880 sur les allées de la Liberté, entre la rue Félix-Faure et la promenade de la Pantiero. Il remplace plusieurs kiosques éphémères installés depuis les années 1870, notamment ceux du square Brougham et de la Croisette. Son inauguration, le 14 juillet 1880, marque l’aboutissement d’un projet municipal visant à offrir un lieu central pour les concerts des sociétés musicales locales, très actives à l’époque.
L’architecture du kiosque combine une structure en fonte, fabriquée par l’entreprise Blaison et Mathieu de Charleville, et un podium en pierre de taille. Sa toiture conique, soutenue par des piliers inclinés vers l’extérieur, a été pensée pour optimiser l’acoustique naturelle, essentielle avant l’invention de l’amplification électrique. La couverture en fonte, initialement prévue pour 1880, fut installée avec retard, obligeant l’utilisation d’une toile provisoire lors de l’inauguration.
Dès sa construction, le kiosque devient un lieu culturel majeur de Cannes. Il accueille régulièrement des concerts des sociétés musicales cannoises, comme la Philharmonique, l’Estudiantina ou la Musique municipale, dont les programmes sont publiés dans la presse locale. En 1925, il sert de scène pour un concours international de musique réunissant 80 sociétés et 2 000 exécutants. Aujourd’hui, il reste un symbole du patrimoine balnéaire cannois, utilisé lors d’événements comme la Fête de la musique ou le marché de Noël.
Le kiosque est inscrit aux monuments historiques depuis le 3 avril 1990, reconnaissant son importance architecturale et culturelle. Il s’intègre dans un ensemble patrimonial incluant l’hôtel de ville, le monument aux morts de 1914-1918, et le monument à Lord Brougham, fondateur de la renommée de Cannes. Sa protection s’inscrit dans une étude plus large du patrimoine balnéaire de la ville, menée dès 1983 par l’inventaire général du patrimoine culturel.
Louis Hourlier, architecte municipal et conseiller, joue un rôle clé dans sa conception. Son projet initial prévoyait même un kiosque sur l’île Sainte-Marguerite, abandonné face à l’opposition locale. Le kiosque actuel, moins excentré que ses prédécesseurs, répondait à un besoin croissant de lieux dédiés aux animations musicales, reflétant l’essor culturel de Cannes à la fin du XIXe siècle.