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Monastère Saint-Sauveur-de-Chirac au Monastier-Pin-Moriès en Lozère

Eglise fortifiée
Patrimoine religieux
Monastère
Eglise romane et gothique
Lozère

Monastère Saint-Sauveur-de-Chirac

    Avenue de la République
    48100 Le Monastier-Pin-Moriès

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1900
2000
vers 1060
Fondation du monastère
1095
Consécration de l'église
1361
Pillage par les Grandes Compagnies
1366-1368
Fortifications par Urbain V
1583
Destruction par les huguenots
1931
Classement Monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Aldebert Ier de Peyre - Évêque de Mende et fondateur Initiateur du monastère avec son frère Astorg.
Urbain V (Guillaume de Grimoard) - Pape et ancien novice Finança les réparations et fortifications au XIVe siècle.
Anglic de Montferrand - Prieur vers 1330 Oncle de Guillaume de Grimoard (Urbain V).
Matthieu Merle - Capitaine huguenot Responsable de l’incendie du monastère en 1583.

Origine et histoire

Le monastère Saint-Sauveur-de-Chirac fut fondé vers 1060 par Aldebert Ier de Peyre, évêque de Mende, et son frère Astorg Ier, baron de Peyre, sur leurs terres près de Chirac. Initialement nommé Saint-Sauveur-du-Monde-lèz-Chirac, il fut rattaché à l’abbaye Saint-Victor de Marseille en 1062. Une hypothèse non prouvée suggère un déplacement du site en 1090 après une inondation. L’église primitive, construite entre 1090 et 1095, fut consacrée en 1095 par le pape Urbain II, en présence du cardinal Richard de Millau-Gévaudan. Le monastère, dirigé par 12 moines bénédictins venus de Marseille, devint un centre religieux et économique majeur en Gévaudan, recevant des dons comme les églises de Nasbinals et de Saint-Urcize en 1074.

Au XIIe siècle, le monastère prospéra malgré les conflits avec l’évêque Aldebert III du Tournel, qui contesta ses possessions. Une bulle pontificale (1096-1099) le soustrait à la juridiction épiscopale. La famille de Peyre, initialement très impliquée, se désengagea progressivement après 1110. Le monastère acquit des domaines comme le château du Buisson en 1235 et introduisit la culture de la vigne et du safran dans la région. Le village du Monastier se développa autour du site, qui devint un lieu d’influence pour les familles nobles locales, dont les Grimoard, parents du futur pape Urbain V.

Au XIVe siècle, le monastère souffrit des ravages de la guerre de Cent Ans. En 1361, les Grandes Compagnies pillèrent Chirac et le Monastier, détruisant partiellement les bâtiments. Urbain V, ancien novice du monastère, finança les réparations entre 1366 et 1368, ajoutant des fortifications dont une tour près du chevet de l’église. Ces défenses servirent jusqu’aux guerres de Religion : en 1583, le capitaine huguenot Matthieu Merle incendia le monastère, ne laissant que la tour habitable. Les moines furent chassés après l’arrivée des Jésuites en 1576, qui détruisirent la tour et reconstruisirent le couvent.

Sous les Jésuites (1576-1775), le monastère fut rattaché au collège royal de Rodez. Malgré les oppositions de Saint-Victor de Marseille et de l’évêque de Mende, les Jésuites prirent possession des revenus en 1587 et restaurèrent l’église et le couvent. Après leur dissolution en 1775, le site passa à des prêtres séculiers. À la Révolution, le monastère fut vendu comme bien national, puis racheté par l’abbé Serre, qui y installa une école. L’église, devenue paroissiale en 1801, fut classée Monument historique en 1931.

L’église actuelle, de style roman et gothique, conserve des éléments des XIe, XIVe et XVIIe siècles. Sa nef, voûtée en berceau brisé, et ses bas-côtés à galeries fortifiées témoignent de son passé défensif. Le portail roman, orné des armes des Grimoard, et les vestiges des fortifications (rainure de herse, meurtrières) rappellent les remaniements liés aux conflits. Le chœur abrite deux vitraux (saint Pierre et saint Paul) et un reliquaire ancien, peut-être offert par Urbain V. Les bâtiments conventuels, partiellement conservés, incluent le logis du prieur (XVe siècle), restauré dans les années 1980.

Le monastère joua un rôle central dans l’histoire locale, formant des figures comme Urbain V et structurant le village du Monastier. Ses ruines et son église illustrent les transitions entre bénédictins, Jésuites et usage paroissial, ainsi que les adaptations architecturales face aux guerres. Aujourd’hui, l’église et les vestiges du prieuré, intégrés au cœur du village, rappellent ce patrimoine médiéval et religieux exceptionnel en Lozère.

Liens externes