Propriété privée ; propriété de la commune ; propriété d'une société privée ; propriété du département
Frise chronologique
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1070
Fondation de l'abbaye
Fondation de l'abbaye 1070 (≈ 1070)
Fondation de l'abbaye et début de la construction des premiers bâtiments.
XIIe siècle
Consécration de l'église
Consécration de l'église XIIe siècle (≈ 1250)
Consécration de la première église romane et dépôt des reliques.
1337
Début des travaux majeurs
Début des travaux majeurs 1337 (≈ 1337)
Reprise des travaux de l'église abbatiale, notamment le chevet et la nef.
Fin du XIIIe siècle
Élévation en abbaye
Élévation en abbaye Fin du XIIIe siècle (≈ 1395)
Le prieuré est élevé au rang d'abbaye chef d'ordre.
1405-1410
Construction du mur
Construction du mur 1405-1410 (≈ 1408)
Construction du grand mur de soutènement du parvis.
1593
Début des restaurations
Début des restaurations 1593 (≈ 1593)
Début des restaurations après les destructions des guerres de Religion.
1604
Reprise du mur
Reprise du mur 1604 (≈ 1604)
Reprise en sous-œuvre du grand mur de soutènement.
XVIe siècle
Destructions et pillages
Destructions et pillages XVIe siècle (≈ 1650)
L'abbaye subit des destructions importantes pendant les guerres de Religion.
1710
Prolongement du mur
Prolongement du mur 1710 (≈ 1710)
Prolongement du grand mur de soutènement et réparation du grand escalier.
1774-1777
Union avec Malte
Union avec Malte 1774-1777 (≈ 1776)
Union de l'ordre des Antonins avec l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.
1840
Classement de l'église
Classement de l'église 1840 (≈ 1840)
L'église abbatiale est classée au titre des monuments historiques.
1981
Classement de l'abbaye
Classement de l'abbaye 1981 (≈ 1981)
L'ensemble de l'abbaye est classé au titre des monuments historiques.
1993
Classement du parvis
Classement du parvis 1993 (≈ 1993)
Le parvis, le mur de soutènement, le portail monumental et le grand escalier sont classés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Ancienne abbaye en totalité (cad. AC 23, 30, 31, 33 à 37, 52 à 56, 65 à 67, 91 à 96) : classement par arrêté du 15 octobre 1981 ; Parvis de l'abbatiale avec son mur de soutènement ; portail monumental ; grand escalier (cad. AC 108) : classement par arrêté du 27 septembre 1993
Personnages clés
Saint Antoine le Grand
Saint dont les reliques sont abritées dans l'abbaye.
Maximilien
Empereur ayant reconnu à l'abbaye un aigle impérial.
Origine et histoire de l'Abbaye
L'ancienne abbaye de Saint-Antoine, aujourd'hui hôtel de ville, se situe à Saint-Antoine-l'Abbaye, en Isère. Fondée en 1070, elle abrite les reliques de saint Antoine le Grand et fut l'abbaye-mère de l'ordre hospitalier de Saint-Antoine. L'ensemble comprend une église abbatiale, des bâtiments conventuels et des locaux ayant servi de logements aux moines. Les origines tiennent à la dévotion suscitée par le retour des reliques et à l'arrivée de moines venus de Montmajour, qui édifièrent un prieuré et une première église romane. Cette première église fut consacrée au début du XIIe siècle et les reliques y furent déposées par autorisation pontificale. La vocation hospitalière se développe rapidement : une communauté de frères séculiers fonde un hospice et une maison de l'Aumône pour soigner le « mal des ardents » et d'autres maladies contagieuses. Au fil du temps, l'abbaye passe des bénédictins aux Antonins, qui affirment leur indépendance et font de Saint-Antoine la tête d'un ordre doté de nombreuses maisons et commanderies. Des conflits durables opposent Antonins et bénédictins, aboutissant à l'élévation du prieuré en abbaye chef d'ordre à la fin du XIIIe siècle. Les principaux travaux de l'église abbatiale se déroulent du XIVe au XVe siècle, avec une reprise importante à partir de 1337 et l'achèvement progressif du chevet, de la nef et du voûtement. Le grand mur de soutènement du parvis est élevé entre 1405 et 1410 ; il est repris en sous-œuvre en 1604, prolongé en 1710 et le grand escalier est réparé en 1711. L'abbaye subit des destructions importantes pendant les guerres de Religion : pillages, saccages et incendies touchent la toiture, le clocher et le mobilier au XVIe siècle, ce qui entraîne des restaurations engagées dès 1593. Au XVIIe siècle, l'abbatiale fait l'objet d'efforts décoratifs et de reconstructions conventuelles ; le cloître et le réfectoire sont démolis au XVIIIe siècle. Face aux réformes royales du XVIIIe siècle, l'ordre accepte l'union avec l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem entre 1774 et 1777 ; les Hospitaliers vendent ensuite des biens et confient certains établissements à la ville. À la Révolution, les bâtiments conventuels sont vendus comme biens nationaux, des communautés qui s'y étaient installées doivent partir et le trésor est mis sous scellés puis partiellement transféré à Grenoble. L'église abbatiale est classée au titre des monuments historiques dès 1840 ; l'ensemble de l'abbaye l'est en 1981 et le parvis, le mur de soutènement, le portail monumental et le grand escalier sont classés en 1993. Le trésor, pillé aux XVIe et XVIIe siècles puis reconstitué, comprend aujourd'hui environ 350 objets — tableaux, tapisseries, reliquaires, pièces d'orfèvrerie et livres liturgiques — parmi lesquels figure une grande châsse de saint Antoine offerte en 1648. L'abbaye possédait aussi des bibliothèques et un cabinet de curiosités constitué au XVIIIe siècle, dont une partie des collections fut transférée au cabinet d'histoire naturelle de Grenoble en 1777. Le musée départemental installé dans l'ancien noviciat présente sur deux étages l'exposition permanente « Chroniques d'une abbaye » et conserve des œuvres et collections liées à l'histoire monastique et hospitalière. Les sacristies de l'abbatiale conservent des boiseries Louis XV et exposent une partie du trésor des Antonins. L'ordre adoptait comme symbole la croix tau, et l'empereur Maximilien a reconnu à l'abbaye un aigle impérial selon un blason ancien transmis par lettres patentes.