Création du diocèse IVe siècle (≈ 450)
Un des premiers de Corse
VIe siècle
Construction complexe chrétien
Construction complexe chrétien VIe siècle (≈ 650)
Basilique et baptistère le long de la voie antique
1570
Transfert du diocèse
Transfert du diocèse 1570 (≈ 1570)
De Mariana à Bastia
1958–1967
Fouilles Moracchini-Mazel
Fouilles Moracchini-Mazel 1958–1967 (≈ 1963)
Découverte du complexe paléochrétien
1969 et 1991
Classements Monuments historiques
Classements Monuments historiques 1969 et 1991 (≈ 1991)
Mur d’enceinte puis site entier
2017
Découverte du Mithraeum
Découverte du Mithraeum 2017 (≈ 2017)
Premier sanctuaire mithriaque identifié en Corse
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Vestiges du mur d'enceinte de la cité (cad. C 423, 425) : classement par arrêté du 22 septembre 1969 ; Site gallo-romain de Mariana (cad. C 1335 à 1338) : classement par arrêté du 27 juin 1991
Personnages clés
Marius - Général romain
Fondateur de la colonie vers 100 av. J.-C.
Sylla - Général romain
Fondateur d’Aléria, autre colonie corse
Sénèque - Philosophe et écrivain
Évoque les colonies de citoyens romains
Ptolémée - Géographe antique
Localise Mariana et son promontoire
Parteu - Évêque de Mariana
Nommé par saint Paul au Ier siècle
Catonus - Évêque de Mariana
Présent au concile d’Arles (314)
Geneviève Moracchini-Mazel - Archéologue
Découvreuse du complexe paléochrétien (1958–1967)
Philippe Pergola - Archéologue
Dirige les fouilles dans les années 1990–2000
Philippe Chapon - Archéologue (Inrap)
Découvreur du Mithraeum en 2017
Origine et histoire
La cité antique de Mariana, située à Lucciana en Haute-Corse, fut fondée vers 100 av. J.-C. par le général romain Marius comme colonie de citoyens romains. Selon Ptolémée, son territoire s’étendait jusqu’à la côte occidentale, incluant des zones comme Campo-Moro et Grossa. Les Mariani, colons romains avides, dominèrent la région, refoulant les populations indigènes vers les hauteurs. Mariana devint un centre agricole, militaire (station de la flotte de Misène) et religieux, avec un diocèse créé dès le IVe siècle, l’un des premiers de Corse.
Au IIe–IIIe siècles, la ville s’organisait autour d’un cardo et d’un decumanus, avec un rempart délimitant un espace trapézoïdal de 30 hectares. Un quartier marchand, doté de portiques, animait la vie économique. Au VIe siècle, un complexe chrétien (basilique, baptistère) fut érigé le long de la voie antique, avant d’être détruit par les Vandales et Lombards, puis reconstruit à l’époque romane. Les fouilles (1958–1967, 1990–2007) ont révélé ces vestiges, ainsi qu’un Mithraeum en 2017, unique en Corse.
Mariana fut le siège épiscopal jusqu’en 1570, lié d’abord au Saint-Siège, puis à Pise (1092) et Gênes (1130). Le site, classé Monument historique en 1969 et 1991, fait l’objet d’un projet de musée. Une nécropole rurale du IIIe siècle, découverte en 2006 à Mezzana, et une voie romaine reliant Mariana à Palla (Bonifacio) témoignent de son rayonnement. Les débats historiques portent sur son statut (colonie civile ou militaire) et son rôle face à Aléria, autre colonie corse fondée par Sylla.
Les sources antiques, comme Sénèque et Ptolémée, placent Mariana près de la mer, bien qu’elle se trouve aujourd’hui à 3 km des côtes, près de l’aéroport de Bastia-Poretta. Les Mariani, les Licnini et les Opini formaient un paysage ethnique complexe, marqué par les tensions entre colons et autochtones. Le christianisme s’y implanta tôt, avec des évêques attestés dès le IVe siècle, comme Parteu (nommé par saint Paul) ou Catonus (concile d’Arles, 314).
Les fouilles récentes (Inrap, 2017) ont mis au jour un sanctuaire dédié à Mithra, illustrant la diversité cultuelle de la cité. Le déclin de Mariana s’amorça au VIIe siècle, avec les raids vandales et lombards, avant son abandon progressif. Aujourd’hui, le site, propriété mixte (commune et privés), attend une valorisation muséographique, avec un possible mécénat monégasque en raison des liens historiques avec sainte Dévote, vénérée à Lucciana et Monaco.
Proposer une modification
Devenir actuel
Le site fait l'objet d'un projet de valorisation avec création d'un musée de site, labellisé Musée de France.
Avis
Veuillez vous connecter pour poster un avis