Frise chronologique
vers 16 000–15 000 av. J.-C.
Première occupation magdalénienne
Première occupation magdalénienne
vers 16 000–15 000 av. J.-C. (≈ 0)
Dépôts archéologiques et frise sculptée datés.
1864
Découverte du site
Découverte du site
1864 (≈ 1864)
Première identification par Trémeau de Rochebrune.
1927
Découverte de la frise
Découverte de la frise
1927 (≈ 1927)
Mise au jour par Pierre David.
11 août 1986
Classement monument historique
Classement monument historique
11 août 1986 (≈ 1986)
Protection officielle de l’abri.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Abri de la Chaire à Calvin (cad. D 138) : classement par arrêté du 11 août 1986
Personnages clés
| Alphonse Trémeau de Rochebrune - Archéologue |
Premier à identifier le site (1864). |
| Pierre David - Préhistorien |
Découvreur de la frise (1927). |
| Jean-Marc Bouvier - Archéologue |
Fouilles et études stratigraphiques (1966). |
| Denise de Sonneville-Bordes - Préhistorienne |
Analyses des couches et industrie lithique. |
| Jean Calvin - Réformateur protestant |
Légende locale d’un prêche (1533–1534). |
Origine et histoire
La Chaire-à-Calvin, aussi appelée La Rochandry ou La Papeterie, est un abri sous roche situé à Mouthiers-sur-Boëme (Charente), dans la vallée du Gersac. Ce site préhistorique, classé monument historique en 1986, abrite une frise sculptée exceptionnelle datant du Magdalénien moyen (vers 15 000–14 000 ans av. J.-C.), représentant des chevaux et bovidés. La cavité, large de 8 mètres, fut fouillée dès 1864 par Alphonse Trémeau de Rochebrune, puis par Pierre David en 1927, révélant des outils lithiques, des objets d’art mobilier et des traces de foyers.
Le nom Chaire-à-Calvin provient d’une légende locale selon laquelle Jean Calvin y aurait prêché en 1533–1534, bien que cette occupation protestante soit postérieure de millénaires à la période préhistorique. Les fouilles ultérieures (1960–1966) ont confirmé une occupation humaine continue durant le Pléniglaciaire, avec des couches archéologiques riches en ossements d’animaux (saïgas, chevaux, rennes) et en outils typiques du Magdalénien, comme des burins, des sagaies et des parures en coquillage.
L’abri se distingue par sa frise pariétale de 3 mètres, unique en Charente, représentant une scène d’accouplement de chevaux et un bovidé. Des analyses sédimentaires ont permis de dater précisément les occupations, corrélant les couches archéologiques avec les fluctuations climatiques de la fin de la dernière glaciation. Le site illustre aussi les échanges lointains de l’époque, comme en témoignent des perles en stéatite et des coquillages marins, rares dans cette région.
Classé pour son importance scientifique, le site livre des indices sur la vie des chasseurs-cueilleurs magdaléniens, leur art et leur adaptation à un environnement glaciaire. Les découvertes incluent des feuilles de laurier (outils solutréens réutilisés), des aiguilles à chas, et un collier magdalénien, soulignant la complexité culturelle de cette période. Les fouilles récentes ont affiné la chronologie, situant les premières occupations vers 16 000 ans av. J.-C..
La topographie du site, avec son exèdre naturel et ses neuf couches stratigraphiques, offre un témoignage rare des transitions climatiques entre Pléniglaciaire et Tardiglaciaire. Les études de Denise de Sonneville-Bordes et André Debénath ont révélé des occupations discontinues, marquées par des cryosols et des dépôts éoliens. Aujourd’hui, le site reste un lieu clé pour comprendre l’art pariétal et les modes de vie du Paléolithique supérieur en Aquitaine.