Origine et histoire de La Petite Bibliothèque
La Petite Bibliothèque Ronde, initialement nommée La Joie par les livres, a été fondée en 1965 dans le quartier populaire de la Plaine à Clamart, grâce au mécénat d’Anne Gruner Schlumberger. Conçue comme un espace dédié aux enfants, elle se distingue par son architecture unique, signée par l’Atelier de Montrouge (Gérard Thurnauer, Jean Renaudie, Pierre Riboulet, Jean-Louis Véret), composée de neuf cylindres de béton imbriqués. Son mobilier, dessiné par Alvar Aalto, et son organisation en salles rondes visent à créer un environnement chaleureux et sécurisant, comme une « seconde maison » pour les jeunes lecteurs. Dès son ouverture, la bibliothèque innove en intégrant des enfants comme aides-bibliothécaires et en développant une pédagogie axée sur la responsabilisation et l’ouverture culturelle.
La bibliothèque a rapidement acquis une renommée internationale, notamment grâce à son fonds multilingue et ses échanges avec des professionnels étrangers. Dans les années 1980, elle devient pionnière en intégrant le numérique, avec des ordinateurs MacIntosh et un médiateur multimédia dès 2002. Malgré des menaces de fermeture en 2006 et 2016, liées à des conflits avec les collectivités locales, elle a survécu grâce à la mobilisation des habitants et des intellectuels. Classée monument historique en 2009, elle reste un modèle en matière d’éducation artistique et d’accès à la lecture pour les enfants, tout en adaptant ses missions à l’ère numérique.
Aujourd’hui, la Petite Bibliothèque Ronde articule ses actions autour de trois axes : l’éveil des tout-petits, l’éducation artistique des 3-12 ans, et la lutte contre les inégalités d’accès au livre. Elle propose des ateliers, des partenariats « hors les murs », et des formations pour les professionnels, tout en maintenant son héritage architectural et pédagogique. Son mobilier et son bâtiment, protégés, incarnent une vision avant-gardiste de la bibliothèque comme lieu de vie et d’émancipation.
L’association qui la gère, présidée successivement par Geneviève Patte et Olivier Ponsoye, perpétue son engagement en faveur de l’innovation, comme en témoigne le Prix du livre numérique jeunesse lancé en 2010. La bibliothèque reste un symbole de résistance culturelle, comme le montre le documentaire La bibliothèque est à nous (2015), primé au SiciliAmbiente Festival. Son histoire reflète les tensions entre préservation patrimoniale et enjeux politiques locaux, tout en confirmant son statut de référence mondiale en bibliothéconomie jeunesse.