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La Roche-aux-Fées d'Essé en Ille-et-Vilaine

Patrimoine classé Mégalithes Roches

La Roche-aux-Fées d'Essé

  • La Motte
  • 35150 Essé
La Roche-aux-Fées dEssé
La Roche-aux-Fées dEssé
La Roche-aux-Fées dEssé
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La Roche-aux-Fées dEssé
La Roche-aux-Fées dEssé
La Roche-aux-Fées dEssé
Crédit photo : VIGNERON - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune
35150 Essé, La Motte

Frise chronologique

Âge du Fer
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100 av. J.-C.
0
1700
1800
1900
2000
Entre 3500 et 2500 av. J.-C.
Construction estimée
1752
Première mention écrite
1756
Description par Caylus
1789
Dégâts par les dragons
1840
Classement monument historique
2010
Étude sanitaire
2018
Travaux de restauration
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Dolmen dit La Roche-aux-Fées (cad. D 1127bis) : classement par liste de 1840

Personnages clés

Abbé Roussel - Erudit du XVIIIe siècle Première attestation écrite en 1752
Anne Claude de Caylus - Antiquaire et écrivain Description détaillée en 1756
Jean-Baptiste Ogée - Historien et géographe Description en 1778 dans son dictionnaire
Adolphe Orain - Folkloriste breton Auteur d’un conte inspiré en 1904
Arthur de La Borderie - Historien breton Critique des théories sur l’origine romaine

Origine et histoire de La Roche-aux-Fées

La Roche-aux-Fées est une allée couverte située dans la commune d'Essé, en Ille-et-Vilaine (Bretagne). Datant du Néolithique récent (entre 3000 et 2500 av. J.-C.), ce monument mégalithique se compose de 42 pierres, dont certaines atteignent 45 tonnes. Son architecture, de type dolmen à couloir angevin, comprend une chambre principale divisée en quatre parties et une antichambre, le tout orienté nord-nord-ouest – sud-sud-est. Le site est exceptionnel par son isolement géographique, la plupart des dolmens similaires se trouvant en Anjou.

Le nom du monument provient d’une légende locale selon laquelle les pierres auraient été apportées par des fées. Cette croyance, courante pour les dolmens, est attestée dès le XVIIIe siècle. En 1752, l’abbé Roussel en fait une première mention écrite, suivie en 1756 par Anne Claude de Caylus, qui en donne une description détaillée et des illustrations. Le site apparaît également sur la carte de Cassini. Au fil des siècles, il attire l’attention des érudits, comme Jean-Baptiste Ogée en 1778, qui décrit sa structure et rapporte les croyances populaires, dont celle faisant de ce monument un tombeau de général romain.

Classé parmi les premiers monuments historiques français en 1840, la Roche-aux-Fées subit des dégradations au fil du temps : fouilles clandestines par des paysans à la fin du XVIIIe siècle, fête organisée par le régiment d’Orléans dragons en 1789 (endommageant les dalles), et actes de vandalisme par des touristes anglais vers 1855. Au XIXe siècle, des sociétés archéologiques locales, comme la Société Archéologique d'Ille-et-Vilaine, s’y intéressent, mais aucune fouille approfondie n’est menée.

Au XXIe siècle, le site, fréquenté par 35 000 visiteurs annuels, fait l’objet d’études pour sa conservation. En 2010, un bilan sanitaire est réalisé par le Laboratoire de recherche des monuments historiques, conduisant à des travaux en 2018 : remblaiement autour des pierres et installation d’une clôture pour limiter l’érosion. Une signalétique informe désormais les visiteurs de la fragilité du monument. Chaque solstice d’hiver, un rassemblement observe un phénomène lumineux unique où une tache de soleil traverse le couloir du dolmen.

Les légendes entourant la Roche-aux-Fées sont nombreuses. L’une raconte que des fées, ayant construit le monument, auraient laissé tomber des blocs inutiles, créant ainsi les menhirs environnants comme celui de Runfort. Une autre croyance veut que les jeunes mariés comptant le même nombre de pierres autour du dolmen verront leur union durer. D’autres récits évoquent des âmes protégées par les fées, dont les lamentations seraient portées par le vent depuis la disparition des arbres il y a deux siècles. Ces traditions orales, recueillies aux XVIIIe et XIXe siècles, reflètent l’imaginaire populaire breton.

D’un point de vue archéologique, bien qu’aucune fouille ne l’ait confirmé, la structure suggère un rôle funéraire, comme la plupart des dolmens. La présence d’un sol caillouteux laisse supposer qu’il était initialement recouvert d’un tumulus ou d’un cairn. Les pierres, en schiste pourpré cambrien, proviennent probablement de la forêt du Theil, située à 5 km. Le monument, propriété de la commune d’Essé, est aujourd’hui un site touristique majeur, intégré à la communauté de communes éponyme.

Liens externes

Autres patrimoines et monuments aux alentours