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La Samaritaine à Paris

Patrimoine classé Boutique classée MH

La Samaritaine à Paris

    1 Rue du Pont-Neuf75001 Paris

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1870
Fondation par Ernest Cognacq
1900
Naissance des Grands Magasins
1928
Inauguration du magasin 2 Art déco
15 juin 2005
Fermeture pour rénovation
23 juin 2021
Réouverture après 16 ans
septembre 2021
Inauguration des logements sociaux
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Ernest Cognacq - Fondateur Ancien vendeur, créateur du magasin en 1870.
Marie-Louise Jaÿ - Co-dirigeante et épouse Ex-vendeuse du *Bon Marché*, partenaire clé.
Frantz Jourdain - Architecte Art nouveau Concepteur des rotondes et façades émaillées.
Henri Sauvage - Architecte Art déco Auteur de l’extension côté Seine (1928).
Bernard Arnault - Président de LVMH Porteur du projet de réouverture en 2021.
Anne Hidalgo - Adjointe au maire de Paris (2009) Soutien au projet de rénovation mixte.

Origine et histoire de la Samaritaine

La Samaritaine tire son nom d’une pompe à eau historique installée sur le pont Neuf au XVIIe siècle, ornée d’une sculpture représentant la rencontre biblique entre Jésus et la Samaritaine. Cette pompe, conçue sous Henri IV puis reconstruite par Robert de Cotte (1712-1719), fournissait en eau le quartier du Louvre avant d’être démolie en 1813. Le grand magasin actuel fut fondé en 1870 par Ernest Cognacq, ancien vendeur ambulant, qui transforma une petite échoppe de la rue de la Monnaie en un empire commercial.

Ernest Cognacq, inspiré par les méthodes du Bon Marché, développa La Samaritaine avec son épouse Marie-Louise Jaÿ, ancienne vendeuse du Bon Marché. Le magasin s’étendit progressivement en rachetant les immeubles voisins, passant de 48 m2 en 1870 à 48 000 m2 au XXe siècle. Les architectes Frantz Jourdain (Art nouveau) et Henri Sauvage (Art déco) façonnèrent ses bâtiments emblématiques, comme les rotondes aux coupoles polychromes ou les façades en lave émaillée, aujourd’hui partiellement classées.

Symbole de modernité, La Samaritaine devint le plus grand magasin parisien avec son slogan « On trouve tout à La Samaritaine », popularisé dans les années 1960 par des publicités audacieuses (ex. : la reine Élisabeth II incarnée par Huguette Funfrock). Après un déclin commercial à partir des années 1970, le magasin ferma en 2005 pour des raisons de sécurité et de rentabilité. Sa réouverture en 2021, après 16 ans de travaux et 750 millions d’euros d’investissement, marqua sa transformation en un espace mixte alliant luxe, restauration et logements sociaux.

Le projet de rénovation, porté par LVMH, suscita des controverses en raison de la destruction partielle du patrimoine architectural (ex. : façade Art déco de 1852). Malgré les recours des associations comme SOS Paris, le Conseil d’État valida finalement le projet en 2015. Aujourd’hui, La Samaritaine incarne à la fois un héritage historique et une adaptation contemporaine, avec des espaces dédiés aux touristes (côté Seine) et aux Parisiens (côté Rivoli).

L’architecture intérieure conserve des éléments originaux, comme le grand escalier aux 16 000 feuilles d’or ou les 675 mètres de laves émaillées restaurées. Le site intègre désormais un hôtel de luxe Cheval Blanc, des bureaux, et 96 logements sociaux. Son histoire cinématographique (ex. : Au bonheur des dames, Holy Motors) et ses apparitions culturelles témoignent de son ancrage dans l’imaginaire collectif parisien.

Liens externes

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