Frise chronologique
vers 1250
Fondation du collège
Fondation du collège
vers 1250 (≈ 1250)
Création par Robert de Sorbon pour étudiants pauvres.
1257
Reconnaissance royale
Reconnaissance royale
1257 (≈ 1257)
Charte signée par Saint Louis.
1622-1642
Reconstruction par Richelieu
Reconstruction par Richelieu
1622-1642 (≈ 1632)
Chapelle Sainte-Ursule édifiée par Lemercier.
1793
Dissolution révolutionnaire
Dissolution révolutionnaire
1793 (≈ 1793)
Fermeture comme institution d’Ancien Régime.
1887
Classement chapelle
Classement chapelle
1887 (≈ 1887)
Monument historique sous la Troisième République.
1885-1901
Rebâtiment par Nénot
Rebâtiment par Nénot
1885-1901 (≈ 1893)
Style néo-Renaissance pour facultés modernes.
Mai 1968
Émeutes étudiantes
Émeutes étudiantes
Mai 1968 (≈ 1968)
Occupation et grève générale.
1970
Éclatement universitaire
Éclatement universitaire
1970 (≈ 1970)
Division en treize universités parisiennes.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Robert de Sorbon - Fondateur du collège |
Chapelain de Louis IX, créa le collège en 1250. |
| Louis IX (Saint Louis) - Roi de France |
Soutint la fondation par charte en 1257. |
| Cardinal de Richelieu - Proviseur et reconstructeur |
Modernisa les bâtiments au XVIIe siècle. |
| Jacques Lemercier - Architecte |
Conçut la chapelle Sainte-Ursule. |
| Henri-Paul Nénot - Architecte |
Rebâtit la Sorbonne (1885-1901). |
| Pierre et Marie Curie - Professeurs |
Marie Curie premier cours en 1906. |
| Puvis de Chavannes - Peintre |
Auteur du *Bois sacré* (grand amphithéâtre). |
Origine et histoire
La Sorbonne trouve ses origines dans le collège de Sorbonne, fondé vers 1250 par Robert de Sorbon, chapelain et confesseur du roi Louis IX. Destiné initialement à loger des étudiants pauvres en théologie, ce collège devint rapidement un symbole de l’université de Paris, l’une des plus anciennes d’Europe. Au fil des siècles, son nom s’étendit pour désigner l’ensemble de l’université, notamment grâce à son rôle central dans la vie intellectuelle médiévale et renaissante. La Sorbonne fut dissoute en 1793 pendant la Révolution française, comme toutes les institutions universitaires d’Ancien Régime, avant d’être réinvestie sous Napoléon.
Au XVIIe siècle, le cardinal Richelieu, ancien élève et proviseur du collège, entreprit une reconstruction ambitieuse des bâtiments, confiant les travaux à l’architecte Jacques Lemercier. Seule la chapelle Sainte-Ursule, chef-d’œuvre baroque, subsiste de cette période. La chapelle, déconsacrée en 1905, abrite aujourd’hui des expositions. Le reste du complexe actuel fut rebâti entre 1885 et 1901 par Henri-Paul Nénot, dans un style néo-Renaissance et classique, pour accueillir les facultés des lettres et des sciences. Ce projet monumental, marqué par des fresques et des sculptures célébrant le savoir, reflète l’ambition éducative de la Troisième République.
La Sorbonne fut un haut lieu des événements de Mai 1968, symbole des révoltes étudiantes. Après la réforme universitaire de 1970, l’université de Paris fut divisée en treize établissements, et le bâtiment devint un espace partagé entre plusieurs institutions, dont Sorbonne Université, Paris 1 Panthéon-Sorbonne, et la chancellerie des universités de Paris. Malgré des tensions liées à sa gestion et à son accès restreint, la Sorbonne reste un monument chargé d’histoire, mêlant patrimoine architectural, mémoire intellectuelle et enjeux contemporains.
Le site abrite également des œuvres artistiques majeures, comme Le Bois sacré de Puvis de Chavannes dans le grand amphithéâtre, ou les fresques de Clémentine-Hélène Dufau dans la salle des Autorités. La bibliothèque de la Sorbonne, avec ses décors Art nouveau, et les statues de la cour d’honneur (comme celles de Victor Hugo et Louis Pasteur) rappellent son rôle dans la diffusion du savoir. Enfin, des rituels étudiants, comme le toucher de la chaussure de la statue de Montaigne pour porter chance aux examens, perpétuent son aura mythique.
Classée partiellement aux monuments historiques (chapelle en 1887, grand amphithéâtre en 1975), la Sorbonne incarne à la fois un héritage médiéval, une modernité républicaine et un lieu de mémoire des luttes sociales. Son architecture, ses décors et son histoire en font un symbole national, bien au-delà de sa fonction universitaire.