Frise chronologique
1016
Guigues, comte d'Albon
Guigues, comte d'Albon
1016 (≈ 1016)
Premier comte mentionné, ancêtre des dauphins.
1142
Titre de dauphin
Titre de dauphin
1142 (≈ 1142)
Guigues V adopte ce titre.
XIe siècle
Déplacement du pouvoir
Déplacement du pouvoir
XIe siècle (≈ 1150)
Transfert de Saint-Romain-d’Albon vers la motte.
XIIIe siècle
Construction de la tour
Construction de la tour
XIIIe siècle (≈ 1350)
Tour-maîtresse en pierre érigée.
XVIe siècle
Abandon du château
Abandon du château
XVIe siècle (≈ 1650)
Site utilisé comme carrière.
8 mars 1982
Inscription MH
Inscription MH
8 mars 1982 (≈ 1982)
Ruines inscrites aux monuments historiques.
11 juin 2012
Classement MH
Classement MH
11 juin 2012 (≈ 2012)
Vestiges archéologiques classés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les ruines de l'ancien château (cad. D 768) : inscription par arrêté du 8 mars 1982 - L'ensemble des vestiges archéologiques : la tour ; les vestiges de l'ancienne chapelle ; les vestiges de l'ancienne aula ; la motte, les murailles et autres éléments maçonnés ; ainsi que leur terrain d'assiette (cad. YB 70) : classement par arrêté du 11 juin 2012
Personnages clés
| Guigues (comte en 1016) - Comte d'Albon |
Fondateur de la lignée des dauphins. |
| Guigues V - Dauphin de Viennois |
Adopte le titre vers 1142. |
| Aimon (allié des Sarrasins) - Ancêtre présumé |
Père de Frédéburge, grand-mère de Guigues. |
| Jean-Michel Poisson - Archéologue |
Dirige les fouilles (1994–2006). |
Origine et histoire
La tour d'Albon est l’un des derniers vestiges du château fort médiéval construit au XIIIe siècle sur la commune d’Albon, dans la Drôme. Ce site, perché à 388 mètres d’altitude sur une motte castrale, fut le cœur du mandement d’Albon et le berceau de la puissante maison d’Albon, à l’origine de la constitution du Dauphiné de Viennois. Les fouilles archéologiques ont révélé une occupation continue depuis l’époque gallo-romaine, avec une villa transformée en domaine ecclésiastique au VIe siècle, puis en place forte au Moyen Âge.
À l’origine, le pouvoir se concentrait à Saint-Romain-d’Albon, un établissement gallo-romain, avant de migrer vers la motte d’Albon aux alentours du XIe siècle. Une première construction en bois, entourée de fossés, précéda l’édification de la tour-maîtresse en pierre au XIIIe siècle. Cette tour quadrangulaire, aux murs épais de 1,65 mètres, symbolisait la richesse des comtes d’Albon. Elle était accompagnée d’une chapelle romane décorée, d’une aula (salle d’apparat) et de silos à céréales, reflétant l’importance stratégique et économique du site.
Le château connut son apogée entre les XIe et XIVe siècles, abritant une résidence princière avec une aula magna et une camera retracti, ainsi qu’un bourg castral protégé par une enceinte triangulaire. Les comtes d’Albon, comme Guigues V — premier à porter le titre de dauphin de Viennois vers 1142 —, y exercèrent leur pouvoir grâce à des alliances matrimoniales et militaires. Le site fut progressivement abandonné à partir du XVIe siècle, servant ensuite de carrière de pierres, à l’exception de la tour.
Les vestiges archéologiques, incluant la tour, les ruines de la chapelle, de l’aula, et les murailles, ont été classés monuments historiques en 2012, après une première inscription en 1982. Les fouilles (1994–1997) ont mis au jour un complexe palatial du XIe–XIIe siècles, ainsi qu’une motte artificielle surélevant un éperon naturel. Aujourd’hui, la tour d’Albon témoigne de l’architecture militaire médiévale et de l’histoire politique du Dauphiné.