Formation glaciaire 80 000 à 10 000 ans av. J.-C. (≈ 0)
Naissance du lac après Würm
1593
Première mention écrite
Première mention écrite 1593 (≈ 1593)
Nommé *mer dudit Giralmer*
1977–1994
Campagnes de déminage
Campagnes de déminage 1977–1994 (≈ 1986)
120 tonnes de munitions extraites
2022
Arrêt du pompage
Arrêt du pompage 2022 (≈ 2022)
Sécheresse exceptionnelle
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
Saint Gérard - Patron local
Donne son nom au lac
Origine et histoire
Le lac de Gérardmer, situé dans la commune éponyme, est un lac d'origine glaciaire formé lors des retraits glaciaires après la glaciation de Würm (entre 80 000 et 10 000 ans av. J.-C.). Il est retenu par une moraine terminale bloquant la vallée vers l'aval, et se déverse dans la Vologne par la Jamagne. Sa forme elliptique, orientée est-ouest, s'étend sur 2 020 m de longueur et 750 m de largeur, avec une profondeur maximale de 38,40 m.
Le lac a porté divers noms historiques, comme mer dudit Giralmer (1593) ou mer de Gérardmer (1622), liés aux traditions pastorales locales. Au XVIIe siècle, il était appelé Grand Mer, bien que son nom actuel provienne probablement de saint Gérard, patron de l'église locale. Les toponymes environnants, comme Ramberchamp (ubac) ou l'adroite du lac (adret), reflètent son importance géographique et culturelle pour les communautés gallo-romaines et médiévales.
Entre 1977 et 1994, 12 campagnes de déminage ont permis d'extraire 120 tonnes de munitions des deux guerres mondiales, immergées dans le lac. Malgré ces efforts, une pollution résiduelle persiste, avec des taux élevés de plomb, fer, titane et TNT (jusqu'à 327 ng/L). La baignade et la pêche y restent autorisées sous conditions, tandis que le lac alimente partiellement le réseau d'eau potable de Gérardmer, bien qu'un arrêt exceptionnel ait eu lieu en 2022 en raison d'une sécheresse.
La formation du lac s'inscrit dans celle de la vallée des lacs, incluant aussi les lacs de Retournemer (cirque glaciaire) et de Longemer (bassin morainique). Ces trois plans d'eau résultent des dernières glaciations quaternaires, qui ont sculpté le massif vosgien. Leur disposition illustre les différents stades de retrait des glaciers, avec des verrous granitiques ou des dépôts morainiques jouant le rôle de barrages naturels.
Le lac de Gérardmer, surnommé Geroldsee en alsacien (dérivé de Gérard), est entouré de toponymes évocateurs comme Roches noires (ubac) ou tête de Mérelle (étang tourbière). Ces noms rappellent son rôle central dans les pratiques locales, qu'elles soient pastorales, religieuses (pèlerinages) ou hydrologiques. Son statut de plus grand lac vosgien en fait un site emblématique du patrimoine naturel et historique de la région Grand Est.