Origine et histoire
Le lac de Saint-Cassien est un barrage artificiel construit entre 1962 et 1965 dans le sud-est du Var, en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Mis en service en 1966, il fut édifié après la rupture tragique du barrage de Malpasset en 1959 pour sécuriser l’alimentation en eau des villes du sud-est varois et des Alpes-Maritimes. Alimenté principalement par un canal dérivant la Siagne et accessoirement par le Riou Blanc, il remplace la retenue insuffisante de Malpasset, asséchée en été.
Le barrage, de type remblai, culmine à 158,50 m (NGF) et retient 60 millions de m3 d’eau sur 430 hectares, devenant le plus grand plan d’eau de l’Estérel. Il noie partiellement l’aqueduc romain de Mons à Fréjus, déjà modifié en 1894 par une conduite en ciment. En 2006, la sécheresse fit baisser son niveau à 139,92 m, un record bas. Le lac est aujourd’hui un site touristique majeur, avec des aménagements comme des plages, des restaurants et des activités nautiques non motorisées (sauf électriques).
En 1988, la réserve ornithologique de Fondurane (43 ha), gérée par le CEEP, fut créée sur sa rive ouest pour protéger la faune locale, incluant des oiseaux migrateurs et des espèces aquatiques comme l’écrevisse américaine ou la carpe. Le lac abrite aussi le centre d’entraînement de la Ligue Côte d’Azur d’aviron, avec des infrastructures dédiées aux rameurs de haut niveau et aux loisirs. La pêche y est réglementée, tandis que la chasse et la plongée subaquatique y sont interdites.
Le lac traverse des communes comme Montauroux, Callian, Tanneron et Les Adrets-de-l’Estérel, et est coupé par le Pont du Pré-Claou (RD 37) et une ligne THT de 400 000 volts. Son eau, trouble et pauvre en oxygène au-delà de 10 mètres, abrite une flore dominée par des myriophyles et une faune piscicole variée (brochets, sandres, silures). Le site conserve aussi des vestiges de l’aqueduc romain, partiellement immergé sur sept kilomètres.
Toponymiquement, le lac tire son nom de Saint Cassien, patron local, et sa région, peu habitée, a vu ses zones cadastrales rebaptisées pour éviter les doublons (comme Biançon). Aujourd’hui, il allie utilité (ressource en eau) et attractivité touristique, tout en préservant un écosystème fragile marqué par des espèces invasives comme la perche soleil ou le poisson-chat.