Frise chronologique
XIIe siècle (vers la fin)
Construction de la lanterne
Construction de la lanterne
XIIe siècle (vers la fin) (≈ 1284)
Édification probable du monument funéraire.
12 juillet 1886
Classement monument historique
Classement monument historique
12 juillet 1886 (≈ 1886)
Protection officielle par l'État français.
1906
Première restauration
Première restauration
1906 (≈ 1906)
Travaux dirigés par l'architecte Ballu.
1995
Seconde restauration
Seconde restauration
1995 (≈ 1995)
Campagne de préservation du monument.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Lanterne des morts : classement par arrêté du 12 juillet 1886
Personnages clés
| Ballu - Architecte |
Dirigea la restauration de 1906. |
| Moreau Phelippon - Intervenant en restauration |
Collabora aux travaux de 1906. |
Origine et histoire
La lanterne des morts de Saint-Pierre-d'Oléron est un édifice funéraire du XIIe siècle, typique des régions du centre-ouest de la France. Située au cœur de l’ancien cimetière paroissial (actuelle place Camille Mémain), cette tour octogonale de 23,40 mètres (25 mètres avec sa plateforme) servait probablement de fanal pour le culte des défunts. Son style Plantagenêt, marqué par des colonnes à chapiteaux et un lanternon surmonté d’une flèche en pierre, en fait un exemple remarquable de ce type de construction.
Contrairement à la plupart des lanternes des morts, souvent hautes de 6 à 10 mètres, celle de Saint-Pierre-d'Oléron se distingue par sa taille imposante, devenant un repère visuel majeur dans le paysage urbain. Elle repose sur un tertre, ancien ossuaire du cimetière aujourd’hui désaffecté. Une petite porte permet d’accéder à un escalier à vis (non visitable) menant à la plateforme sommitale, où brûlait autrefois le « feu du souvenir ». Classée monument historique depuis 1886, elle a fait l’objet de restaurations en 1906 et 1995.
Ce monument s’inscrit dans une tradition régionale partagée avec d’autres lanternes célèbres, comme celles de Fenioux (Charente-Maritime) ou Cellefrouin (Charente), datant de la même époque. Ces édifices, concentrés en Poitou, Périgord et Limousin, témoignent d’une pratique chrétienne liée au culte des morts, bien que leur fonction exacte reste débattue. La lanterne de Saint-Pierre-d'Oléron, propriété de la commune, est aujourd’hui un site archéologique et une attraction touristique.
Sa construction à la fin du XIIe siècle coïncide avec une période de développement des pratiques funéraires collectives en Europe médiévale. Les cimetières paroissiaux, souvent situés près des églises, devenaient des lieux de mémoire où les lanternes jouaient un rôle symbolique, peut-être lié à la lumière guidant les âmes. En Charente-Maritime, ces monuments illustrent l’influence des courants artistiques Plantagenêts, mêlant éléments roman et gothiques naissants.
Les restaurations menées en 1906 par l’architecte Ballu, avec l’intervention de Moreau Phelippon, ont permis de préserver sa structure. La lanterne est répertoriée dans la base Mérimée et bénéficie d’une localisation précise (39 Rue du Temple), avec un code Insee (17385) la rattachant à la commune de Saint-Pierre-d'Oléron, dans l’arrondissement de La Rochelle. Son classement précoce (1886) souligne son importance patrimoniale dès le XIXe siècle.