Frise chronologique
1806
Conception des plans
Conception des plans
1806 (≈ 1806)
Plans établis par Tarbé de Vauxclairs.
1807-1809
Construction du bâtiment
Construction du bâtiment
1807-1809 (≈ 1808)
Réalisé par Jean-Nicolas Trouille.
1932-1961
Cantine ouvrière *La gueule d’or*
Cantine ouvrière *La gueule d’or*
1932-1961 (≈ 1947)
Restaurant coopératif installé au premier étage.
2000
Réhabilitation pour *Brest 2000*
Réhabilitation pour *Brest 2000*
2000 (≈ 2000)
Préparation pour les festivités maritimes.
2011
Classement monument historique
Classement monument historique
2011 (≈ 2011)
Protection totale du bâtiment et de ses abords.
2015-2022
Restauration majeure
Restauration majeure
2015-2022 (≈ 2019)
Travaux cofinancés par les ministères.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'ensemble formé par le bâtiment aux Lions en totalité, ainsi que les murs, rampe et escalier le reliant aux plateaux adjacents de Pontaniou et des Capucins (cad. IR 49 ; CN 134, 135) : classement par arrêté du 4 février 2011
Personnages clés
| Jean Tarbé de Vauxclairs - Ingénieur et architecte |
Auteur des plans initiaux en 1806. |
| Jean-Nicolas Trouille - Ingénieur des ponts et chaussées |
Dirige la construction entre 1807 et 1809. |
| Marie-Suzanne de Ponthaud - Architecte en chef |
Réalise l’étude préalable à la restauration (2007). |
Origine et histoire
Le bâtiment aux Lions, situé dans l’arsenal de Brest sur la rive ouest de la Penfeld, est construit entre 1807 et 1809 sous la direction de l’ingénieur Jean-Nicolas Trouille, d’après les plans de Jean Tarbé de Vauxclairs. Ce monument, aussi appelé « levée de Pontaniou », remplit plusieurs fonctions : il ferme l’anse de Pontaniou pour sécuriser l’arsenal, sert de pont entre les plateaux des Capucins et de Pontaniou, et abrite des magasins pour le matériel de calfatage (brai, goudron, résine). Son architecture sobre, typique du Premier Empire, se distingue par dix têtes de lion en plomb doré ornant les gargouilles de sa façade est, d’où son nom.
À l’origine, le bâtiment comprend quatre niveaux : un sous-sol avec cuves de stockage et latrines collectives, un rez-de-chaussée dédié aux magasins voûtés, un étage pour les ateliers et bureaux, et une terrasse supportant la rue de Pontaniou. Les matériaux utilisés, comme le gneiss de Brest et le granite de l’Aber-Ildut, reflètent les ressources locales. Le bâtiment permet aussi l’accès à l’arsenal via la rue Saint-Malo ou l’enclos de la Madeleine, tout en renforçant la clôture militaire du site. Au XIXe siècle, il abrite temporairement une menuiserie, puis, de 1932 à 1961, une cantine ouvrière surnommée « La gueule d’or » en référence aux gargouilles.
Classé monument historique en 2011, le bâtiment aux Lions échappe aux destructions de la Seconde Guerre mondiale et fait l’objet d’une réhabilitation en 2000 pour les festivités maritimes de Brest 2000. Une restauration majeure, cofinancée par les ministères de la Culture et de la Défense, est entreprise entre 2015 et 2022 pour préserver sa structure et son étanchéité. Bien que désaffecté depuis une trentaine d’années, il reste un symbole du patrimoine industriel et militaire brestois, témoignant de l’ingénierie napoléonienne et de l’histoire portuaire de la ville.
Le bâtiment s’inscrit dans un ensemble plus large : l’arsenal de Brest, fondé au XVIIe siècle sous Colbert et développé jusqu’au XXe siècle. Il joue un rôle clé dans la modernisation du port militaire, notamment avec la construction des bassins de Pontaniou (1752-1757) et des ateliers des Capucins (1840-1865). La levée de Pontaniou, en fermant l’anse, facilite les radoubs (réparations navales) et optimise la logistique entre les différents plateaux de l’arsenal. Aujourd’hui, bien que non visitable en raison de son statut militaire, il incarne la transition entre l’ère napoléonienne et l’industrialisation portuaire.
Les gargouilles en forme de canons et de lions, ainsi que les cuves souterraines pour les matériaux inflammables, illustrent l’ingéniosité des techniques de l’époque. Le bâtiment combine utilité militaire (stockage, circulation) et esthétique sobre, caractéristique des constructions impériales. Son classement en 2011 souligne son importance patrimoniale, tandis que sa restauration récente garantit sa pérennité. Il reste un repère visuel majeur dans le paysage de l’arsenal, aux côtés d’autres ouvrages comme la corderie ou les bassins de Laninon.