Origine et histoire
L’évêché de Lectoure fut construit entre 1676 et 1682 sous l’impulsion de l’évêque Hugues IV de Bar, remplaçant un bâtiment modeste et un cloître médiéval. L’édifice, conçu par des artisans locaux comme Jean Rabbé et les frères Cruchon, s’organise autour d’un corps principal relié à la cathédrale Saint-Gervais-et-Saint-Protais. Ses jardins en terrasses, offrant une vue sur les Pyrénées, nécessitèrent la destruction de deux îlots d’habitations et l’aménagement d’un fossé bordant la rue Fontélie, en contrebas. Le palais, symbole du pouvoir épiscopal, abritait aussi une orangerie et des dépendances (écuries, logements pour le personnel), le tout ceint de murs de clôture.
À la Révolution, l’évêché fut vendu comme bien national en 1790 et acquis par le maréchal Jean Lannes en 1801 pour 524 000 francs. Devenu sa résidence, le bâtiment fut ensuite cédé à la commune en 1819 par sa veuve, Louise de Guéhéneuc. Dès 1820, il accueillit la mairie, le tribunal, la sous-préfecture et un musée, tandis que ses jardins étaient convertis en promenade publique, la Promenade des Marronniers. L’architecture, marquée par des façades en pierre de taille et des intérieurs richement décorés (gypseries, cheminées en marbre), reflète à la fois son origine épiscopale et ses adaptations ultérieures.
Le bâtiment se compose de deux corps perpendiculaires : le logis principal, accolé à la cathédrale, et un corps latéral donnant sur la rue Fontélie. Son entrée, accessible par un pont enjambant des fausses douves, mène à un hall double ouvrant sur les terrasses. À l’intérieur, un escalier monumental en fer forgé dessert les étages et les caves voûtées, aujourd’hui occupées par le musée Eugène-Camoreyt. La Salle des Illustres, galerie ornée de portraits de militaires et d’amiraux lectourois (dont Lannes), témoigne de l’histoire locale. Les dépendances, anciennes écuries, abritent désormais l’office de tourisme et les archives municipales.
Classé Monument Historique en 2016, l’ensemble comprend le logis, les dépendances, la cour d’honneur, les jardins et leurs murs de soutènement. Les intérieurs, remaniés aux XIXe et XXe siècles, conservent des éléments originels comme les lambris, les parquets et les plafonds à la française. La promenade des Marronniers, ancien jardin épiscopal, reste un lieu de vie culturelle, autrefois théâtre en plein air et cadre de fêtes civiques. Le site offre un panorama exceptionnel sur la plaine du Gers et la chaîne des Pyrénées, soulignant son rôle central dans l’histoire urbaine de Lectoure.