Frise chronologique
7-13 octobre 1813
Batailles de la Bidassoa
Batailles de la Bidassoa
7-13 octobre 1813 (≈ 10)
Pression alliée sur les fortifications de la Rhune.
1813
Construction du camp
Construction du camp
1813 (≈ 1813)
Édifié pour défendre le col de Saint-Ignace.
10 novembre 1813
Chute du camp de Mouiz
Chute du camp de Mouiz
10 novembre 1813 (≈ 1813)
Reddition après assauts anglo-portugais.
4 novembre 1986
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
4 novembre 1986 (≈ 1986)
Protection des vestiges du camp.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Redoute de Koralhandia ; éléments de fortifications échelonnés sur la crête d'Alcangue ; tranchée à redan reliant ces deux ensembles (cad. F 209, 213, 216 à 219) : inscription par arrêté du 4 novembre 1986
Personnages clés
| Arthur Wellesley, duc de Wellington - Commandant des troupes alliées |
Dirigea l’offensive contre les Pyrénées en 1813. |
| Maréchal Nicolas Soult - Commandant des troupes françaises |
Organisa la défense des hauteurs de la Rhune. |
| Général Clauzel - Commandant du centre français |
Responsable des redoutes de Sare et Ascain. |
| Théophile de La Tour d’Auvergne - « Premier grenadier de la République » |
S’illustra lors des combats de 1793-1794. |
| Chef de bataillon Gillet - Commandant du 88e régiment |
Défendit la redoute de Zuhalmendi en 1813. |
| Francis Gaudeul - Historien militaire |
A étudié les redoutes du Pays basque. |
Origine et histoire
Le camp retranché de Mouiz, aussi appelé Koralhandia (« grand enclos »), fut érigé en 1813 sur les pentes nord de la Rhune, à 537 m d’altitude près du col de Saint-Ignace. Construit en dalles de grès sans mortier, il adopte une forme étoilée à six branches, optimisée pour des tirs de flanquement à courte portée. Avec une superficie de 1 040 m2 et des murs de 2 m de haut, il était relié par une tranchée de 400 m à la crête fortifiée d’Alchangue, équipée de quatre postes d’infanterie.
Ce camp faisait partie d’un vaste dispositif défensif français face aux troupes anglo-hispano-portugaises du duc de Wellington, lors de la campagne de 1813. Le 10 novembre 1813, il fut attaqué par les brigades Kempf (43e régiment allié) et Colborne (17e régiment portugais), tandis qu’un bataillon portugais assaillait directement la fortification. Les défenseurs français, à court de munitions, résistèrent jusqu’à l’épuisement, utilisant même des pierres lors de l’assaut final. La reddition du camp marqua un tournant dans la bataille de la Nivelle, permettant aux Alliés de progresser vers Saint-Pée-sur-Nivelle.
La construction du camp répondait à un besoin stratégique : protéger l’accès au col de Saint-Ignace et au village de Sare contre une offensive venue de l’ouest ou du sud-ouest. Son plan en étoile, adapté au relief escarpé, reflétait les techniques de fortification de l’époque, combinant tranchées, parapets et fossés. Malgré sa taille modeste, il abritait six pièces d’artillerie et servait de point d’appui aux redoutes voisines, comme celles de Zuhalmendi ou de la chapelle de la Madeleine.
Le site, inscrit aux monuments historiques depuis 1986, illustre l’ingéniosité des ingénieurs militaires français face à un terrain montagneux. Les vestiges, aujourd’hui protégés, comprennent des murs en pierres sèches, des tranchées et des postes de tir, témoignant des combats acharnés qui s’y déroulèrent. La défaite française à Mouiz s’inscrit dans une série de revers menant à la retraite vers Bayonne, affaiblissant la ligne de défense pyrénéenne.
Les sources historiques, comme les récits du général Francis Gaudeul ou de Jacques Antz, soulignent le caractère sommaire mais efficace de ces fortifications. Les soldats, exposés aux intempéries, aménagèrent des abris dans les anfractuosités rocheuses, créant un réseau de tranchées et de parapets encore visibles. Le camp de Mouiz, avec ses 1 460 m de périmètre, reste l’un des mieux conservés du secteur, offrant un aperçu des tactiques défensives de l’Empire napoléonien.
Son abandon en 1813 marqua un tournant dans la guerre des Pyrénées, ouvrant la voie aux Alliés vers l’intérieur des terres. Aujourd’hui, le site est un lieu de mémoire, rappelant les sacrifices des soldats français et alliés lors de cette campagne méconnue. Les fouilles et études menées depuis les années 1980 ont permis de préciser son rôle dans le dispositif global, entre les redoutes de la Rhune et celles d’Ascain ou d’Urrugne.