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Le Grand Hôtel et le Café de la Paix de Paris

Patrimoine classé Café classé MH Grand hôtel classé MH

Le Grand Hôtel et le Café de la Paix de Paris

  • 5 Place de l'Opéra
  • 75009 Paris
75009 Paris, 5 Place de l'Opéra

Frise chronologique

Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1861-1862
Construction du Grand Hôtel
5 mai 1862
Inauguration par l’impératrice Eugénie
30 juin 1862
Ouverture au public
1901
Prise de contrôle par Arthur Millon
22 août 1975
Classement monument historique
2008
Lancement du Bal impérial
7 août 2014
Vente au groupe qatari Constellation
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Émile et Isaac Pereire - Financiers et promoteurs Fondateurs de l’hôtel via leur société immobilière.
Impératrice Eugénie - Marraine de l’inauguration Inaugure l’hôtel en 1862 avec Émile Pereire.
Alfred Armand - Architecte principal Conçoit l’hôtel avec une équipe dirigée par Crépinet.
Arthur Millon - Concessionnaire puis propriétaire Modernise l’hôtel et le Café de la Paix en 1901.
Henri-Paul Nénot - Architecte des transformations Réaménage la cour d’honneur en 1905.
Oscar Wilde - Écrivain et client célèbre Habitué du Café de la Paix, témoin d’anecdotes.
Georges Clemenceau - Homme politique Assiste aux célébrations de 1918 depuis le café.
Blaise Diagne - Organisateur du Congrès panafricain Événement au Café de la Paix en 1919.

Origine et histoire du Grand Hôtel

Le Grand Hôtel, aujourd’hui InterContinental Paris Le Grand, est un palace cinq étoiles construit entre 1861 et 1862 dans le 9e arrondissement de Paris, à proximité de l’opéra Garnier. Financé par les frères Pereire via leur société immobilière, il fut inauguré en grande pompe par l’impératrice Eugénie le 5 mai 1862, avant son ouverture officielle le 30 juin. Conçu pour l’Exposition universelle de 1867, il devint rapidement un haut lieu de la vie artistique, accueillant des figures comme Victor Hugo, Émile Zola, Oscar Wilde ou Marcel Proust. Son Café de la Paix, intégré dès l’origine, fut un carrefour culturel où se croisèrent écrivains, musiciens et personnalités du monde entier.

La construction du Grand Hôtel s’inscrit dans les transformations haussmanniennes de Paris sous Napoléon III, notamment la restructuration du quartier de l’Opéra. Le projet, lié aux frères Pereire – promoteurs des chemins de fer et spéculateurs immobiliers –, bénéficia d’un emprunt de 11 millions de francs auprès du Crédit foncier. L’architecte Alfred Armand, assisté d’Alphonse-Nicolas Crépinet, dirige les travaux avec des méthodes innovantes pour l’époque : éclairage électrique nocturne, préparation simultanée des boiseries et meubles, et gestion rationnelle inspirée des gares ferroviaires. L’hôtel, conçu pour 800 chambres et 45 salons, symbolise le luxe et la modernité, avec des décors somptueux signés par des artistes comme Aimé Millet ou Jean-Joseph Perraud.

Le Café de la Paix, initialement prévu comme nom pour l’hôtel entier, devint un lieu emblématique du Tout-Paris. Fréquenté par des célébrités comme Marlene Dietrich ou Clemenceau, il fut aussi le cadre d’événements historiques, comme le Congrès panafricain de 1919 organisé par Blaise Diagne et W. E. B. Du Bois. En 1901, Arthur Millon, concessionnaire du café, prit le contrôle de l’hôtel et modernisa ses infrastructures, dont le transfert de l’entrée principale rue Scribe en 1905. Classé monument historique en 1975, le Grand Hôtel fut rénové dans les années 1980 pour retrouver son style Second Empire, tout en accueillant des événements contemporains comme le Bal impérial annuel depuis 2008.

L’hôtel a également servi de décor à plusieurs films, dont Frantic de Roman Polanski (1988) ou Arsène Lupin de Jean-Paul Salomé (2004). Son architecture, marquée par une cour d’honneur à colonnade corinthienne et une salle à manger en hémicycle pouvant accueillir 600 couverts, reflète l’ambition des frères Pereire de créer un « palais pour voyageurs ». Les matériaux utilisés – 18 000 m de tapis, 10 000 m2 de glaces, 4 000 becs de gaz – témoignent de son faste. Aujourd’hui propriété du groupe qatari Constellation depuis 2014, il reste un symbole du patrimoine hôtelier parisien.

Le Grand Hôtel illustre aussi les rivalités économiques du XIXe siècle, opposant les frères Pereire à James de Rothschild. Leur vision du luxe, inspirée par le saint-simonisme, contrastait avec les projets plus utilitaires de la banque Rothschild, comme ceux du boulevard de Magenta. La localisation stratégique de l’hôtel, entre les gares Saint-Lazare et de l’Est, en fit un lieu de passage obligatoire pour une clientèle internationale, notamment américaine et britannique. Son histoire reflète ainsi les mutations urbaines, sociales et culturelles de Paris sous le Second Empire et au-delà.

Devenir actuel

Le Café de la Paix a toujours fait partie intégrante du Grand Hôtel, qui devait s'appeler à l'origine « Le Grand Hôtel de la Paix », au centre du quartier du « Nouvel Opéra » aménagé par le préfet Haussmann, mais ce nom a été abandonné pour cause de doublon ! Seul son café-restaurant pu donc conserver l'appellation « de la Paix ».

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