Frise chronologique
1921
Construction et inauguration
Construction et inauguration
1921 (≈ 1921)
Ouverture le 6 octobre par Henri Zipcy.
5 octobre 1981
Classement monument historique
Classement monument historique
5 octobre 1981 (≈ 1981)
Façades et toitures protégées.
1983
Fermeture et transformation
Fermeture et transformation
1983 (≈ 1983)
Devenu boîte de nuit (Megatown).
2003
Rachat par la ville de Paris
Rachat par la ville de Paris
2003 (≈ 2003)
Sauvetage après abandon.
17 avril 2013
Réouverture après rénovation
Réouverture après rénovation
17 avril 2013 (≈ 2013)
Trois salles et café-club inaugurés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et les toitures (cad. 10 : 01 AA 4) : inscription par arrêté du 5 octobre 1981
Personnages clés
| Henri Zipcy (dit Ripey) - Architecte |
Concepteur du bâtiment en 1921. |
| Henry Silberberg - Investisseur initial |
Commanditaire, décédé en 1921. |
| Amédée Tiberti - Décorateur-mosaïste |
Auteur des mosaïques égyptiennes. |
| Philippe Pumain - Architecte de la rénovation |
Dirige les travaux de 2010-2013. |
| Youssef Chahine - Réalisateur égyptien |
Salle principale nommée en son honneur. |
Origine et histoire
Le Louxor est une salle de cinéma située au 170 boulevard de Magenta dans le 10e arrondissement de Paris, construite en 1921 par l’architecte Henri Zipcy (dit Ripey) pour l’investisseur Henry Silberberg. Inauguré le 6 octobre 1921 avec une programmation incluant des films muets et des actualités Gaumont, ce cinéma se distingue par sa façade néo-égyptienne, inspirée de la ville de Louxor, et ses mosaïques multicolores réalisées par le décorateur Amédée Tiberti et la fabrique Gentil et Bourdet. La salle, conçue pour 1 195 places, est un rare exemple d’architecture antique des années 1920, avec des motifs floraux, des scarabées, des cobras et un disque ailé ornant la terrasse.
Le choix du style néo-égyptien, plutôt que des styles classiques comme Rome ou Louis XVI, visait à singulariser le Louxor parmi ses concurrents. Bien que certaines hypothèses évoquent l’influence de films comme Cléopâtre (1917), l’origine de ce décor semble davantage liée à l’engouement architectural de l’époque, notamment après l’Exposition universelle de 1900. Après la faillite de Silberberg en 1921, le cinéma est racheté en 1922 par la Société des cinémas Lutétia, puis par Pathé en 1929, qui l’adapte au cinéma sonore. Malgré des transformations successives (1954, 1964), il conserve sa structure originelle jusqu’à sa fermeture en 1983.
Transformé en boîte de nuit dans les années 1980 (La Dérobade, puis Megatown), le Louxor est abandonné en 1988. Sauvé par une mobilisation associative à partir de 2001, il est racheté par la ville de Paris en 2003. Après une rénovation menée par l’architecte Philippe Pumain, il rouvre en 2013 avec trois salles, dont une principale baptisée Youssef-Chahine, et un café-club. La réhabilitation respecte les décors néo-égyptiens, tout en intégrant des éléments modernes comme un plafond étoilé inspiré des tombes de la vallée des Rois. Le Louxor, classé monument historique depuis 1981 pour ses façades et toitures, retrouve ainsi sa vocation culturelle.
L’histoire du Louxor reflète les évolutions socioculturelles de son quartier. Dans les années 1970, il se spécialise dans les films « exotiques » (indiens, égyptiens) et le porno soft, attirant une population immigrée croissante. Sa réouverture en 2013, avec une programmation variée (films d’art et essai, événements culturels), marque un renouveau pour ce lieu emblématique. Les associations locales, comme Action Barbès ou Les Amis du Louxor, ont joué un rôle clé dans sa préservation, soulignant son importance patrimoniale et son ancrage dans la vie du 10e arrondissement.
Les éléments protégés depuis 1981 incluent les façades et toitures, tandis que les mosaïques, réalisées par la fabrique Gentil et Bourdet, restent un témoignage exceptionnel de l’art décoratif des années 1920. Le projet de rénovation, bien que critiqué pour certaines modifications (comme la création de salles en sous-sol), a permis de sauver ce patrimoine. Aujourd’hui, le Louxor allie héritage historique et dynamisme contemporain, avec plus d’un million d’entrées enregistrées depuis sa réouverture.