Origine et histoire du Port-musée
Le Port-Musée de Douarnenez, situé au Port-Rhu près de l’île Tristan, a été inauguré en mai 1993 sur l’ancienne ria de Pouldavid. Né de l’initiative de l’association Treizour (fondée en 1979), il succède au musée du bateau ouvert en 1985, devenu municipal en 1986 après le don de sa collection de coques à la ville. Le projet, soutenu par la municipalité pour son potentiel économique et touristique, a été médiatisé par la revue Le Chasse-Marée en 1986. Le musée se distingue par sa double composante : un musée à terre installé dans une ancienne conserverie de sardines, et un musée à flot unique en France, ouvert d’avril à octobre, présentant des bateaux accessibles via une estacade.
La collection du Port-Musée compte plus de 280 bateaux (dont une centaine en réserve) et 10 000 objets liés aux mondes maritimes, couvrant la pêche, le cabotage et la plaisance. Parmi les pièces emblématiques figurent des gabares, des langoustiers, des bateaux-phares et des outils de conserveries, illustrant l’histoire industrielle et sociale de Douarnenez, autrefois centre névralgique de la pêche à la sardine. Cependant, la conservation des navires, comme le Notre-Dame de Rocamadour (déconstruit en 2023) ou le Roi Gradlon (vendu en 2025), pose des défis financiers récurrents, menaçant la pérennité de ce patrimoine flottant.
Le musée organise des expositions temporaires, comme La révolte des sardinières (2024-2025) commémorant le centenaire des grèves ouvrières de 1924, ou Entre les lignes (2023) sur le travail des ouvrières de la conserverie Chancerelle. Des animations estivales, des rencontres avec d’anciens marins et des projections de films complètent l’offre culturelle. Le Port-Musée collabore aussi avec des associations locales, comme Les Gardiens du bateau-phare, pour préserver des navires historiques tels que le Scarweather.
Classé Musée de France, le site a bénéficié d’une modernisation en 2005-2006 pour enrichir sa muséographie, intégrant multimédias et parcours thématiques. Son originalité réside dans l’approche globale des embarcations, étudiées comme témoins des identités territoriales et des rapports entre l’homme et la mer. Malgré son rayonnement, le musée fait face à des enjeux de financement, notamment pour l’entretien des bateaux inactifs, comme l’a souligné l’Armement des Phares et Balises (APB) en 2025.
Hors les murs, le Port-Musée s’étend à des navires classés Monuments historiques, comme l’Audiernais (gabare) ou le Red Ar Mor (sloop caseyeur), désormais basés dans d’autres ports bretons. Ces éléments, couplés aux expositions sur les conserveries et aux commémorations (timbre postal de 1988), ancrent le musée dans une démarche de valorisation du patrimoine maritime breton, entre mémoire industrielle et innovation muséale.