Le Tortoir de Saint-Nicolas-aux-Bois dans l'Aisne

Patrimoine classé Patrimoine religieux Prieuré

Le Tortoir de Saint-Nicolas-aux-Bois

  • Le Tortoir
  • 02410 Saint-Nicolas-aux-Bois
Le Tortoir de Saint-Nicolas-aux-Bois
Le Tortoir de Saint-Nicolas-aux-Bois
Le Tortoir de Saint-Nicolas-aux-Bois
Le Tortoir de Saint-Nicolas-aux-Bois
Le Tortoir de Saint-Nicolas-aux-Bois
Crédit photo : MOSSOT - Sous licence Creative Commons
Propriété privée

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1080
Fondation de l'abbaye
1139
Donation du Tortoir
1328-1360
Construction du grand bâtiment
XIIIe et XIVe siècles
Enrichissement du site
1567
Dommages probables
1660
Travaux inachevés
1791
Sécularisation
1912
Classement Monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Abbaye du Tortoir (ancienne) : classement par arrêté du 1er août 1912

Personnages clés

Philippe Ier Roi de France, fondateur de l'abbaye de Saint-Nicolas-aux-Bois.
Guy Trésorier du chapitre cathédral de Laon, donateur du Tortoir.
Barthélemy de Laon Évêque de Laon, confirmateur de la donation du Tortoir.
Thierry II ou Théodoric de Suisy Abbé responsable de la construction du grand bâtiment au XIVe siècle.
Étienne de Suisy Membre influent lié aux sphères ecclésiastiques et royales.
Coppée Industriel belge, acquéreur du Tortoir en 1925.
Vanden Architecte belge, responsable de l'aménagement des bâtiments en 1925.
Jean Trouvelot Architecte en chef des monuments historiques, proposant un projet de restauration.

Origine et histoire du Tortoir

L'ancienne abbaye du Tortoir est un prieuré fortifié de moines bénédictins situé dans la commune de Saint-Nicolas-aux-Bois, dans l'Aisne, au cœur de la forêt de Saint-Gobain. L'édifice, construit le long du vallon Saint-Lambert sur l'emplacement d'une ancienne chapelle, dépendait de l'abbaye de Saint-Nicolas-aux-Bois, fondée par Philippe Ier vers 1080. Le Tortoir fut donné à cette abbaye par Guy, trésorier du chapitre cathédral de Laon, contre une redevance annuelle, et la donation est confirmée par une charte de l'évêque Barthélemy de Laon de 1139 sous l'appellation villa de Tortorium, terme qui laisse supposer une origine agricole. Le domaine se trouvait à proximité de l'église paroissiale Sainte-Geneviève, démolie au XVIIIe siècle. Au cours des XIIIe et XIVe siècles, le site s'est enrichi de bâtiments résidentiels; un texte de 1285 évoque le retrait d'un ancien prieur au Tortoir avec son chapelain et trois domestiques.

Les constructions actuelles s'organisent autour d'un plan carré : les côtés nord et ouest sont occupés par des murs, le côté sud accueille une chapelle composée de deux travées barlongues voûtées d'ogives, et le côté est est bordé par un grand bâtiment. Ce dernier, long de 28 mètres sur 10 et élevé à l'origine d'un étage, a suscité diverses interprétations quant à sa fonction — maladrerie, logis de l'abbé, réfectoire et dortoir des hôtes ou maison abbatiale — proposées par plusieurs spécialistes. Son architecture présente des analogies avec la galerie des Merciers du Palais royal de l'île de la Cité, attribuée au temps de saint Louis, mais cette datation paraît trop ancienne ; les analyses récentes le situent plutôt au premier quart du XIVe siècle et l'attribuent à l'abbé Thierry II ou Théodoric de Suisy (vers 1328-1360). Le lien familial d'Étienne de Suisy avec les hautes sphères ecclésiastiques et royales est également documenté.

En 1567, l'abbaye mère de Saint-Nicolas-aux-Bois est ravagée par les protestants ; bien qu'aucun texte n'évoque explicitement le Tortoir, il est probable que ses bâtiments aient subi des dommages comparables. À partir de 1604 et jusqu'à la Révolution, les terres sont louées à des fermiers. Un manuscrit de 1667 mentionne d'importants travaux entrepris en 1660, restés inachevés faute de moyens. Après la sécularisation de 1791, le domaine est acquis par une famille de cultivateurs qui le conserve jusqu'en 1883.

En 1925, la Société industrielle et agricole de la Somme, fondée par l'industriel belge Coppée, acquiert le Tortoir pour en faire un domaine d'expérimentation agricole et confie à l'architecte belge Vanden l'aménagement des bâtiments ; le grand bâtiment est alors transformé en étable et certaines ouvertures sont obturées pour consolider la façade. Un projet de restauration proposé par l'architecte en chef des monuments historiques Jean Trouvelot n'a pas été réalisé en raison de la guerre. Classé Monument historique le 1er août 1912, le Tortoir est aujourd'hui une propriété privée, ayant conservé l'empreinte de sa transformation en ferme avec, autour de la cour, un bâtiment des hôtes et le logis du prieur aux baies à meneaux.

Liens externes