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Le Triomphe de la République à Paris

Patrimoine classé Monument

Le Triomphe de la République à Paris

    Place de la Nation
    75011 Paris

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1878
Lancement du concours municipal
21 septembre 1889
Inauguration du modèle en plâtre
19 novembre 1899
Inauguration définitive en bronze
1908
Ajout des *monstres des mers*
Années 1960
Disparition du bassin
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Jules Dalou - Sculpteur Auteur du monument, 20 ans de travail.
Léopold Morice - Sculpteur lauréat du concours Auteur du *Monument à la République* place de la République.
François-Charles Morice - Architecte lauréat Collaborateur de Léopold Morice pour le projet initial.
Georges Gardet - Sculpteur animalier Créateur des *monstres des mers* (1908).
Pierre Bingen - Fondeur (technique cire perdue) Initialement pressenti pour la fonte.
Thiébaut Frères - Fondeurs (technique sable) Réalisent la version finale en bronze.
Sadi Carnot - Président de la République Préside l’inauguration de 1889.
Émile Loubet - Président de la République Préside l’inauguration de 1899.

Origine et histoire

Le Triomphe de la République est un projet né d’un concours lancé en 1878 par la municipalité parisienne pour commémorer la République. Bien que non sélectionné parmi les finalistes, le projet audacieux de Jules Dalou — jugé non conforme au programme — séduit le public et la ville, qui commande sa réalisation. Dalou y travaille vingt ans, présentant un modèle en plâtre peint lors du centenaire de la Révolution (1889), avant son inauguration définitive en bronze le 19 novembre 1899, sous la présidence d’Émile Loubet. La technique de fonte, initialement prévue en cire perdue, est finalement adaptée en fonte au sable par Thiébaut Frères en raison de la taille colossale de l’œuvre.

Le monument, installé sur la place de la Nation à cheval sur les 11e et 12e arrondissements, représente la République (Marianne) debout sur un char tiré par des lions, entourée d’allégories du Travail, de la Justice et de la Paix. Des enfants symbolisent l’Instruction, l’Équité et la Richesse. En 1908, Georges Gardet ajoute des monstres des mers en bronze dans le bassin environnant, symbolisant les forces réactionnaires vaincues. Ces éléments, ainsi que le bassin, disparaissent dans les années 1960 lors des travaux du RER, tandis que le monument devient un lieu emblématique de rassemblements populaires, comme en Mai 68 ou en janvier 2015.

L’œuvre s’inspire de la Liberté guidant le peuple de Delacroix, avec une Marianne au sein nu, évoquant une divinité nourricière. Le globe terrestre sous ses pieds souligne l’universalité des valeurs républicaines. Dalou y mêle références antiques (faisceau romain) et symboles modernes (bonnet phrygien, flambeau du Génie de la Liberté). Le monument, aujourd’hui au cœur du jardin de Marianne, incarne à la fois un hommage artistique à la République et un témoignage des luttes sociales qui ont marqué son histoire.

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