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Groupe scolaire Léo-Gipoulou à Valence dans le Tarn-et-Garonne

Tarn-et-Garonne

Groupe scolaire Léo-Gipoulou

    5 Place de Pé de Gleyze
    82400 Valence

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1946
Avant-projet présenté
1949
Approbation technique
1952
Décoration du hall
1950-1955
Construction principale
1969-1971
Extension du réfectoire
octobre 2024
Inscription MH
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le groupe scolaire Léo-Gipoulou, en totalité, tel que délimité en rouge sur le plan annexé à l’arrêté, situé 5 place Pé de Gleyze et 7 avenue de Bordeaux, sur les parcelles figurant au cadastre section AL n° 1120 et 1130 : inscription par arrêté du 8 octobre 2024

Personnages clés

Loïc Corlouër - Architecte Concepteur du groupe scolaire, diplômé ENSBA
Jean Baylet - Maire de Valence (1930-1940) Commanditaire, directeur de *La Dépêche du Midi*
Domergue Lagarde - Peintre décorateur Auteur de la fresque du hall (1%)
Yvonnick Corlouër - Architecte (neveu de Loïc) Collaborateur pour Jules-Ferry et autres projets

Origine et histoire

Le groupe scolaire Léo-Gipoulou, situé à Valence sur la route nationale de Toulouse à Bordeaux, a été conçu par l'architecte Loïc Corlouër (1894-1982) dans un style symétrique s'inspirant des villas italiennes de la Renaissance. Le terrain en pente, large de 40 mètres et long de 200 mètres, a été aménagé en trois terrasses reliées par des emmarchements monumentaux. Les bâtiments, organisés autour de cours de récréation centrales, intègrent des logements pour les enseignants, des salles de classe, un réfectoire, une infirmerie et des équipements sportifs. La façade principale, ornée d’un lettrage métallique et d’une horloge, combine briques apparentes, béton armé et éléments décoratifs comme des pavés de verre éclairant le hall d’entrée.

La construction, initiée après-guerre, a connu plusieurs phases : un avant-projet présenté en 1946, une approbation préfectorale en 1949, et des travaux menés entre 1950 et 1955 par des entreprises locales comme Viala (Montauban) et Ordy (Cahors). En 1952, le peintre Domergue Lagarde, originaire de Valence, fut chargé de décorer le hall dans le cadre du 1% artistique, bien que l’achèvement de cette commande reste incertain. Le projet initial prévoyait six classes de garçons, deux classes de cours complémentaire, et huit logements, avec une extension en 1959 pour un réfectoire. L’architecte a collaboré avec la famille Baylet, influente localement, notamment Jean Baylet, maire de Valence et directeur de La Dépêche du Midi.

L’organisation spatiale reflète une hiérarchie fonctionnelle : la terrasse supérieure accueille l’administration et les logements, la terrasse intermédiaire les salles de classe, et la terrasse inférieure les terrains de sport. Les matériaux — briques, béton armé, tuiles — et les détails architecturaux — rampe en ferronnerie, appliques futuristes, baies en pavés de verre — mêlent classicisme et modernité. Le site, aujourd’hui partiellement reconverti (radio VFM, inspection académique, école de musique), a été inscrit aux Monuments Historiques en octobre 2024 pour son ensemble bâti et paysager.

Loïc Corlouër, diplômé de l’ENSBA en 1922, a marqué Valence d’Agen par plusieurs réalisations, en lien avec Jean Baylet, dont il a aussi conçu l’hôtel particulier à Toulouse (inscrit MH en 2019). Son neveu Yvonnick Corlouër a poursuivi cette collaboration, notamment pour l’école des filles Jules-Ferry. Le groupe scolaire Léo-Gipoulou illustre ainsi l’alliance entre ambition éducative d’après-guerre, innovation architecturale et ancrage local, dans un contexte de reconstruction et de modernisation des équipements publics.

Les espaces intérieurs, comme le grand hall aux appliques en forme de casques d’astronaute ou l’escalier monumental orné d’une reproduction miniature de Saturne, témoignent d’une recherche esthétique audacieuse. Les sanitaires en béton « granito », les sols en parquet et les soubassements en béton de mignonettes complètent ce mélange de fonctionnalité et d’ornementation. L’acquisition en 1952 de la propriété Rebouis adjacente a permis d’ajouter trois logements et d’aménager les abords, tandis qu’une extension prévue en 1959 (quatre salles de classe) ne fut que partiellement réalisée avec la construction du réfectoire entre 1969 et 1971.

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