Frise chronologique
vers 1150
Fondation par Odilon de Chambon
Fondation par Odilon de Chambon
vers 1150 (≈ 1150)
Création de la léproserie et du prieuré.
1326
Union léproserie et prieuré
Union léproserie et prieuré
1326 (≈ 1326)
Fusion officielle des deux entités.
1753
Rattachement à l'hôpital de Brioude
Rattachement à l'hôpital de Brioude
1753 (≈ 1753)
Suppression du prieuré ordonnée par Benoît XIV.
1756
Décision du Parlement de Paris
Décision du Parlement de Paris
1756 (≈ 1756)
Confirmation de la suppression du prieuré.
1860
Vente et transformation en ferme
Vente et transformation en ferme
1860 (≈ 1860)
L'église devient une étable.
14 juin 2002
Inscription monument historique
Inscription monument historique
14 juin 2002 (≈ 2002)
Protection de l'église en totalité.
2014
Transformation en restaurant
Transformation en restaurant
2014 (≈ 2014)
Nouvelle vocation pour l'ancienne église.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église de la léproserie, en totalité (cad. C 1477) : inscription par arrêté du 14 juin 2002
Personnages clés
| Odilon de Chambon - Chanoine fondateur |
A créé la léproserie vers 1150. |
| Benoît XIV - Pape |
Ordonna la suppression du prieuré en 1753. |
| Abbé Édouard Peyron - Historien local |
Auteur d'une étude sur la Bajasse (1899). |
Origine et histoire
La léproserie de la Bajasse, située à Vieille-Brioude près du confluent de la Senouire et de l'Allier, fut fondée vers 1150 par le chanoine Odilon de Chambon. Un prieuré et une église y furent adjoints peu après, et l'ensemble bénéficia de nombreuses donations. À son apogée au XIVe siècle, elle accueillait non seulement des lépreux mais aussi des pèlerins, tout en passant sous l'autorité du diocèse de Saint-Flour. En 1326, la léproserie et le prieuré furent officiellement réunis, marquant une période de prospérité liée à sa double vocation sanitaire et religieuse.
Au XVIIIe siècle, avec le déclin de la lèpre en France, la léproserie fut rattachée à l'hôpital de Brioude en 1753, après une longue bataille juridique entre les prieurs et l'hôtel-Dieu. Les biens du prieuré, y compris les ornements de l'église, furent transférés, et les bâtiments, laissés à l'abandon, menacèrent ruine. La suppression définitive du prieuré fut actée en 1756 par le Parlement de Paris, sur demande du pape Benoît XIV. La Révolution épargna les biens, déjà propriété communale, mais ce n'est qu'en 1860 que les lieux furent vendus et transformés en ferme, l'église servant même d'étable.
Au XXe siècle, l'église de la Bajasse, dernier vestige notable de la léproserie, fut restaurée par un entrepreneur après son rachat. Classée monument historique en 2002 pour ses éléments gothiques du XIIe siècle, elle connut une nouvelle vocation en 2014, aménagée en restaurant par ses propriétaires. Le pont du XVe siècle sur la Senouire, toujours debout, témoigne encore aujourd'hui de l'importance stratégique du site à l'époque médiévale, reliant Vieille-Brioude aux bourgs voisins comme Fontannes.
Les sources historiques, comme les travaux de l'abbé Édouard Peyron (1899) ou d'Yves Soulingeas (1973), soulignent le rôle économique et social de la Bajasse, dépendance majeure de l'Hôtel-Dieu de Brioude au XVIIIe siècle. Son église, seule structure subsistante, conserve des éléments sculptés caractéristiques du début de l'art gothique, tandis que les archives révèlent des conflits juridiques et des donations ayant marqué son histoire. Le site, aujourd'hui propriété communale, illustre l'évolution des léproseries en institutions hospitalières, puis en patrimoine architectural réinvesti.