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Léproserie dite Maladrerie Saint-Nicolas à Gravigny dans l'Eure

Patrimoine classé Patrimoine rural Maladrerie ou léproserie

Léproserie dite Maladrerie Saint-Nicolas à Gravigny

    Rue du Carmel27930 Gravigny
Propriété de la commune
Léproserie dite Maladrerie Saint-Nicolas à Gravigny
Léproserie dite Maladrerie Saint-Nicolas à Gravigny
Crédit photo : Odenel - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
début XIIe siècle
Fondation de la léproserie
fin XIIe - début XIIIe siècle
Communauté religieuse active
XVe siècle
Transformation en ferme
1557
Rattachement au bureau des pauvres
1680
Disparition du dernier prieur
1795
Vente comme bien national
1994-1996
Rachat et restauration
15 février 1995
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Ensemble des bâtiments subsistants, ainsi que l'emprise foncière des parcelles AB 55 et 56, y compris les vestiges archéologiques connus ou à découvrir : inscription par arrêté du 15 février 1995

Personnages clés

Abbaye de la Sainte-Trinité-du-Mont de Rouen - Fondateur du terrain Concède le site au XIIe siècle.
Dernier prieur (mort en 1680) - Dernier responsable religieux Fin du statut prieural en 1681.
Bourgeois d’Évreux - Repreneurs du site Transformation en ferme au XVe.

Origine et histoire de la Léproserie

La maladrerie Saint-Nicolas de Gravigny, fondée au début du XIIe siècle, était initialement un prieuré-léproserie situé sur un terrain concédé par l'abbaye de la Sainte-Trinité-du-Mont de Rouen. Au XIIe et XIIIe siècles, elle abritait une communauté religieuse d'une vingtaine de personnes dirigée par un prieur, avant de perdre sa vocation monastique entre les XIIIe et XIVe siècles. Les bourgeois d’Évreux en reprirent le contrôle au XVe siècle, la transformant en ferme, puis elle fut rattachée au bureau des pauvres de la ville en 1557.

La mort du dernier prieur en 1680 marqua la fin de son statut prieural, et la maladrerie fut vendue comme bien national en 1795. Abandonnée en 1985, elle fut rachetée par la commune de Gravigny en 1994, et sa restauration débuta en 1996. Les bâtiments subsistants, dont une salle aux malades et un logis du prieur, datent des XIIe, XVIe et XVIIIe siècles, et ont été inscrits aux monuments historiques en 1995.

Située au nord d’Évreux, dans la vallée de l'Iton, la maladrerie était à proximité des remparts de la ville et du grand chemin de Rouen. Elle comprenait une chapelle, un cimetière, ainsi que des bâtiments agricoles comme une grange, un colombier et un puits. Le site était délimité par la « sente bourgeoise », aujourd’hui renommée rue de la Libération, et était entouré par la forêt de Saint-Nicolas et la rivière Iton.

La léproserie illustre l’évolution des établissements religieux médiévaux, passant d’un lieu de soin et d’isolement pour les lépreux à une exploitation agricole. Son histoire reflète aussi les transformations sociales et économiques de la région, notamment avec son rattachement aux institutions caritatives d’Évreux à partir du XVIe siècle. Les vestiges architecturaux, comme les portions du mur d’enceinte et les charpentes médiévales, témoignent de son importance historique.

Aujourd’hui, le site est propriété communale et fait l’objet de protections patrimoniales. Les fouilles et restaurations entreprises depuis les années 1990 ont permis de mettre en valeur ce patrimoine, tout en préservant les vestiges archéologiques encore enfouis. La maladrerie Saint-Nicolas reste un exemple significatif des maladreries normandes, à la croisée des histoires religieuse, médicale et agricole.

Liens externes

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