Fondation de la léproserie 1210 (≈ 1210)
Création par Jean de Gisors près d’une chapelle.
milieu XVe siècle
Disparition de la lèpre
Disparition de la lèpre milieu XVe siècle (≈ 1550)
Gestion confiée à un bourgeois local.
milieu XVIIIe siècle
Transformation en Bureau des Pauvres
Transformation en Bureau des Pauvres milieu XVIIIe siècle (≈ 1850)
Changement de vocation sociale.
années 1990
Œuvre contemporaine de Dado
Œuvre contemporaine de Dado années 1990 (≈ 1990)
Peintures murales commandées par la ville.
1992
Classement Monument historique
Classement Monument historique 1992 (≈ 1992)
Protection de la chapelle Saint-Luc.
1996
Restauration et fouilles
Restauration et fouilles 1996 (≈ 1996)
Campagne de sauvegarde et découvertes archéologiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle, y compris la parcelle de terrain AB 112 qui l'entoure (cad. AB 91, 112) : classement par arrêté du 16 octobre 1992
Personnages clés
Jean de Gisors - Fondateur
Crée la léproserie en 1210.
Marcel Larmanou - Maire de Gisors
Commande les peintures à Dado.
Miodrag Djuric (Dado) - Artiste contemporain
Auteur des peintures murales (années 1990).
Origine et histoire de la Léproserie Saint-Lazare
La léproserie Saint-Lazare de Gisors a été fondée en 1210 par Jean de Gisors, près d’une chapelle de pèlerinage dédiée à saint Luc, sur le territoire de l’actuelle Normandie. Ce site répondait à un besoin urgent au Moyen Âge : isoler les lépreux, alors rejetés par la société en raison de la peur de la contagion. La chapelle, de style roman avec des baies et un décor en chevrons typiques, était déjà mentionnée dès 1210, bien que sa construction puisse remonter à une période antérieure. Le complexe comprenait aussi des bâtiments agricoles et des espaces de vie pour les malades, organisés autour de cette chapelle.
Au XIIIe siècle, la léproserie prend le nom de Notre-Dame et Saint-Lazare, en référence au saint patron des lépreux, tandis que la chapelle est dédiée à saint Luc, patron des médecins. L’établissement est remanié aux XVe et XVIIe siècles, alors que la lèpre recule en Europe. Dès le milieu du XVe siècle, faute de malades, sa gestion est confiée à un bourgeois de Gisors, qui reverse les loyers perçus aux nécessiteux de la ville. Au XVIIIe siècle, elle est transformée en Bureau des Pauvres, avant que la chapelle ne serve de grange après la Révolution.
Les fouilles archéologiques menées entre 1996 et 2013 ont révélé des sépultures médiévales et modernes dans et autour de la chapelle, ainsi que des objets du XVe–XVIe siècles (céramiques, carreaux de pavement). Ces découvertes confirment l’usage funéraire du site et son occupation continue. En 1992, la chapelle est classée Monument historique, puis restaurée en 1996 pour sauver sa structure en pans de bois et ses peintures murales fragmentaires. Une œuvre contemporaine y a été ajoutée à la fin des années 1990 par l’artiste Dado, commanditée par la municipalité.
Aujourd’hui, la chapelle Saint-Luc (110 m2), avec sa nef rectangulaire en moellons de calcaire et son chevet à pans de bois, est le dernier vestige visible de la léproserie. Elle se situe à l’ouest de Gisors, près du cimetière communal, dans le département de l’Eure. Les bâtiments agricoles adjacents, privés, rappellent l’ancienne vocation agricole du site. La protection de 1992 couvre à la fois l’édifice et la parcelle environnante, soulignant son importance patrimoniale.