Origine et histoire du Lieu d'Art et Action contemporaine
Le Lieu d’Art et Action Contemporaine (LAAC) de Dunkerque trouve son origine dans l’initiative de Gilbert Delaine, ingénieur passionné d’art contemporain. Dans les années 1970, après avoir découvert une œuvre de Ladislas Kijno, il fonde en 1974 l’association L’Art contemporain pour constituer une collection municipale. Grâce à la loi Malraux et au mécénat d’industriels locaux, il rassemble près de 900 œuvres d’ici 1982, en échangeant achats et dons avec des artistes comme Vasarely, Manessier ou Arman. Le musée, conçu par l’architecte Jean Willerval et paysagiste Gilbert Samel, ouvre en décembre 1982 au cœur d’un jardin de sculptures inauguré en 1980.
Le LAAC ferme en 1997 en raison de conflits politiques et de problèmes techniques (dégâts des eaux, assurances). Pendant sa fermeture, la collection s’enrichit pour couvrir l’art de 1945 à nos jours, avec des prêts du FRAC Nord-Pas-de-Calais, du Centre Pompidou et du musée de Lille. Il rouvre en 2005 après rénovation par Benoît Grafteaux et Richard Klein, qui modernisent l’éclairage, l’acoustique et créent un cabinet d’arts graphiques. Le bâtiment, carré et asymétrique, joue avec la lumière naturelle et abrite aujourd’hui plus de 2 000 œuvres, dont des pièces majeures de CoBrA, de l’abstraction lyrique et des nouveaux réalistes.
La collection permanente du LAAC inclut des peintures, sculptures, dessins et photographies, avec des ensembles remarquables comme Circus de Karel Appel, des œuvres d’Andy Warhol (Car Crash), ou des sculptures d’Arman et Niki de Saint Phalle. Le jardin de sculptures, intégré au site portuaire, dialogue avec l’architecture minérale du musée, revêtue de céramique blanche. Le LAAC se distingue par sa politique culturelle axée sur l’art des années 1945–1980, complétée par des expositions temporaires et des commandes contemporaines.
Gilbert Delaine, figure centrale du projet, a bâti cette collection sans expertise initiale, guidé par des coups de cœur et un réseau d’artistes. Son approche, mêlant mécénat industriel et dons, a permis de réunir des œuvres variées, reflétant les grands mouvements artistiques de la seconde moitié du XXe siècle. Le musée, labellisé Musée de France, reste un lieu unique pour explorer l’art moderne et contemporain dans les Hauts-de-France, en synergie avec le FRAC Grand Large.