Origine et histoire du Logis de Rochebertier
Le logis de Rochebertier se situe à Moulins-sur-Tardoire (Charente), sur la rive droite de la Tardoire, à une vingtaine de kilomètres à l'est d'Angoulême. Le site est mentionné dans des aveux de 1276, et l'on trouve également une mention du logis datée de 1500. Au Moyen Âge, la vallée de la Tardoire, entre Montbron et La Rochefoucauld, se couvre de forteresses et de tours de guet, parmi lesquelles Rancogne, Montgaudier, la Chaise, Vilhonneur, la Mirande et l'Age Baston. La forteresse de Rochebertier était initialement édifiée sur la rive gauche de la Tardoire, au pied ou au sommet du rocher, sans que le nom de son seigneur d'origine soit connu. En 1363, Robert de Matha, tuteur du jeune Jacques de Montbron, rend hommage au Prince Noir en citant la forteresse de Rochebertier. À la Renaissance, les Renouard deviennent seigneurs du lieu ; Jean Renouard est en 1520 seigneur de Pranzac et de Rochebertier. Les Renouard rebâtissent un nouveau château sur la rive droite pour l'ouvrir davantage à la lumière, tout en le protégeant par des murs épais et des tours percées de meurtrières. Aux XVIIe siècle, le domaine passe par alliances aux familles Lériget, de Chièvres et Pasquet, familles protestantes, puis en 1700 Louis de Pasquet épouse Anne de Bernon, une famille notable de La Rochelle impliquée dans le commerce triangulaire ; de cette union naissent deux enfants, dont une fille, Jeanne, qui épouse Louis Corgnol. La famille de Corgnol conserve Rochebertier jusqu'à la fin du XIXe siècle, lorsque le logis est vendu ; au XIXe siècle, lors de la découverte de la grotte du Placard, des vestiges de constructions anciennes encore visibles au sommet de la falaise sur la rive droite sont signalés, mais ont aujourd'hui disparu. Le logis est inscrit au titre des monuments historiques le 26 mai 1986.
Le bâtiment se compose de deux constructions disposées en L et orientées vers l'ouest ; à leur intersection s'élève hors-œuvre une tour ronde intérieure qui abrite un escalier en vis. Deux autres tours rondes flanquent la façade principale orientée à l'est et une tour carrée, peut-être postérieure, borde l'aile en retour au sud-ouest. Des traces de fortification subsistent : une bretèche protège l'entrée, des meurtrières percent les tours et l'on distingue la trace d'une échauguette ; la porte de la tour centrale porte un linteau de style Renaissance sculpté d'armoiries. L'aile en retour montre des vestiges de fortification et un ancien chemin de ronde se lit à l'étage sous la forme d'un étroit couloir. Les façades ont été largement repercées au XVIIIe siècle. L'ensemble est couvert de tuiles canal, les tours étant coiffées de tuiles plates ; deux communs bordent le logis au sud-ouest et au nord. L'accès est privé et se fait par un chemin au nord muni d'un portail charentais.