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Logis seigneurial de l'Escuray à Prinquiau en Loire-Atlantique

Patrimoine classé
Demeure seigneuriale
Logis seigneurial

Logis seigneurial de l'Escuray à Prinquiau

    La Châtaigneraie
    44260 Prinquiau
Propriété de la commune
Logis seigneurial de lEscuray à Prinquiau
Logis seigneurial de lEscuray à Prinquiau
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Logis seigneurial de lEscuray à Prinquiau
Logis seigneurial de lEscuray à Prinquiau

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
vers 1390
Construction du manoir médiéval
1443
Premier propriétaire connu
vers 1600
Transformation Renaissance
1667
Vente du domaine
1793
Saccage révolutionnaire
1997
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Ensemble du logis, y compris en particulier : l'assiette archéologique du logis proprement dit, l'emprise du jardin clos au sud (subdivision f) , la probable motte féodale (subdivision h) (cad. ZH 21) : inscription par arrêté du 22 décembre 1997

Personnages clés

Jean du Cellier - Premier propriétaire attesté (XVe siècle) Sénéchal de Nantes et président de la Chambre des comptes.
René de la Lande - Transformateur du logis (vers 1600) Ajoute les lucarnes Renaissance avec Françoise de Mareil.
Denis-Jean Espivent de la Villeguevraye - Propriétaire royaliste (XVIIIe siècle) Emprisonné pendant la Révolution pour son engagement.
François Espivent de Perran - Marin et maire de Prinquiau Corsaire anti-anglais, prisonnier 10 ans en Angleterre.
Denis Espivent de Perran - Bienfaiteur local (1823-1891) Maire 50 ans, reconstruit le château et aide les pauvres.
Raymond de Maistre - Dernier résident (XXe siècle) Décède en 1993, permettant le rachat communal.

Origine et histoire

Le logis seigneurial de l’Escuray, situé à Prinquiau en Loire-Atlantique, trouve ses origines à la fin du XIVe siècle, vers 1390, sous la forme d’un manoir médiéval breton. Une étude dendrochronologique menée en 2018 par l’entreprise Dendrotech a confirmé que les poutres de sa charpente proviennent d’arbres abattus entre 1385 et 1398, utilisés « verts » peu après. Ce manoir, probablement précédé d’une motte féodale datant des invasions vikings (IXe-Xe siècle), était un haut lieu stratégique en Bretagne. Son premier propriétaire attesté, Jean du Cellier, sénéchal de Nantes et Rennes au XVe siècle, en fit un symbole de pouvoir seigneurial.

Au début du XVIIe siècle, le manoir fut profondément transformé par René de la Lande et son épouse Françoise de Mareil, mariés en 1598. Ils agrandirent le corps principal en ajoutant une aile droite symétrique à l’existante, créant un plan en U autour d’une tour octogonale surmontée d’un colombier. Quatre lucarnes de style Renaissance bretonne, typiques de l’époque, ornèrent alors la façade nord. Cependant, la mort prématurée du couple (1608 et 1613) plongea leurs héritiers dans des difficultés financières, aboutissant à la vente du domaine en 1667 à Jean de la Bourdonnaye, seigneur de Bratz.

Le château connut une période troublée pendant la Révolution. En 1793, lors de la bataille de Savenay (Virée de Galerne), des troupes républicaines, cherchant la marquise de La Rochejacquelein réfugié une nuit à l’Escuray, vandaliseront le logis et détruiront son colombier. Le propriétaire d’alors, Denis-Jean Espivent de la Villeguevraye, royaliste engagé dans l’armée de Condé, fut emprisonné, tandis que sa famille subissait aussi la répression. Son neveu, François Espivent de Perran, marin et corsaire anti-anglais, héritera des lieux en 1808 après des années de captivité en Angleterre. La famille Espivent, marquée par son engagement royaliste, marqua Prinquiau pendant plus d’un siècle, jusqu’à la dilapidation du domaine par Yvonne Espivent en 1916.

Au XIXe siècle, Denis Espivent de Perran (1823-1891), maire de Prinquiau pendant 50 ans, reconstruit partiellement le château et se consacre à sa commune : botaniste réputé, il soignait gratuitement les habitants et finançait l’éducation des enfants pauvres. Son héritière, Yvonne, vendra progressivement les terres avant que le comte Raymond de Maistre, dernier résident, ne décède en 1993. Rachat par la mairie en 1994, le logis est depuis restauré par l’association ARPE, créée en 2009, qui organise événements culturels et collecte des fonds pour sa préservation.

Classé monument historique en 1997, l’Escuray comprend aujourd’hui le logis médiéval et Renaissance, les vestiges d’une probable motte féodale, et un jardin clos. Son parc de 25 hectares, ouvert au public, témoigne de son passé seigneurial et des bouleversements historiques de la Bretagne, des guerres de Religion à la Révolution. Les lucarnes en tuffeau, la tour octogonale, et les archives départementales (fonds 186 J) en font un site clé pour comprendre l’architecture et la société bretonne entre Moyen Âge et époque moderne.

Liens externes