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Logis seigneurial de la Grande Coudrière à Mézangers en Mayenne

Patrimoine classé
Demeure seigneuriale
Logis seigneurial

Logis seigneurial de la Grande Coudrière à Mézangers

    La Grande Coudrière
    53600 Mézangers
Propriété privée

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
0
100
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1797 (an V)
Vente comme bien national
2e moitié XIVe siècle
Construction du logis
1468
Première mention écrite
1559
Conflit de propriété
fin XVIe siècle
Modernisation des greniers
6 février 1997
Classement MH
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Logis proprement dit et les deux bâtiments annexes dont l'ancien portail ; anciennes douves et terrain d'assiette de la plate-forme délimitée par les dites douves (cad. B 27 à 32) : inscription par arrêté du 6 février 1997

Personnages clés

Sieur des Écotais - Seigneur Propriétaire en 1468 et 1516.
Georges de Corbon - Seigneur Revendique la métairie en 1559.
Pierre de Courtarvel - Seigneur Mari d’Antoinette de Corbon (1586).
Charles Maucourt de Bourjolly - Historien et seigneur Auteur d’un *Mémoire* sur Laval.
Thérèse Dubois - Acquéreuse Rachète le bien national en 1797.

Origine et histoire

Le logis seigneurial de la Grande Coudrière, situé à Mézangers en Mayenne, est une construction datée de la 2e moitié du XIVe siècle, exceptionnellement bien conservée. Ce monument se distingue par son architecture médiévale originale, combinant un logis principal entouré de douves et des éléments défensifs. À l'origine, il servait de relais de chasse pour les seigneurs locaux, avec un rez-de-chaussée dédié aux espaces utilitaires (caves, celliers) et un étage aménagé en une vaste salle de vie, dominée par une cheminée monumentale. Les fenêtres à meneaux, les cloisons en bois ouvragé et les conduites de cheminées extérieures témoignent de son prestige architectural.

La terre de la Grande Coudrière était mouvante des seigneuries de Chelé et de Bourgon, ce qui en faisait un fief stratégique dans la région. Au fil des siècles, le logis a changé de fonction : transformé en ferme à la fin du XIXe siècle, il a conservé sa structure d'origine, y compris son escalier extérieur en pierre (autrefois couvert d’un auvent) et sa porte ogivale à double rang de claveaux. Les greniers, lambrissés et dotés de cheminées, datent probablement de la fin du XVIe siècle, période où la demeure fut modernisée. Le site est protégé depuis 1997, avec une inscription couvrant le logis, ses annexes, les douves et leur terrain d’assiette.

Les archives mentionnent plusieurs seigneurs propriétaires entre le XVe et le XVIIIe siècle. Parmi eux, le sieur des Écotais (1468, 1516), Georges de Corbon (1559), ou encore Pierre de Courtarvel (1586), mari d’Antoinette de Corbon. La famille Maucourt de Bourjolly marqua particulièrement l’histoire du lieu, avec Charles Maucourt, auteur d’un Mémoire chronologique sur Laval, ou Madeleine Maucourt, épouse de Lancelot de Crissé (1752). La seigneurie fut vendue comme bien national en 1797 (22 prairial an V) avant d’être rachetée par Thérèse Dubois, dame du Rocher. Au début du XIXe siècle, la Coudrière appartenait à M. Serclot des Coudrières, d’Évron.

Le logis illustre l’évolution des demeures seigneuriales en Mayenne, passant d’un usage résidentiel et cynégétique à une exploitation agricole. Son état de conservation en fait un témoignage rare de l’architecture civile médiévale dans les Pays de la Loire, complété par des aménagements Renaissance. Les sources historiques, comme les Mémoires de Bourjolly ou les chartriers de Bourgon et du Rocher, confirment son importance locale. Aujourd’hui, le site reste un exemple remarquable de patrimoine monumental protégé, ouvert à l’étude et à la valorisation touristique.

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