Frise chronologique
1618
Fondation du collège jésuite
Fondation du collège jésuite
1618 (≈ 1618)
Ouverture grâce au legs d’Antoine de la Croix.
1709-1731
Construction du nouveau collège
Construction du nouveau collège
1709-1731 (≈ 1720)
Bâtiments actuels érigés par les jésuites.
1757
Début de l’église Notre-Dame
Début de l’église Notre-Dame
1757 (≈ 1757)
Première pierre posée par Caristie.
1763
Expulsion des jésuites
Expulsion des jésuites
1763 (≈ 1763)
Fin de leur gestion du collège.
1786
Arrivée des Oratoriens
Arrivée des Oratoriens
1786 (≈ 1786)
Nouveaux gestionnaires jusqu’en 1792.
1803
Création de l’école secondaire
Création de l’école secondaire
1803 (≈ 1803)
Rétrocession à la ville d’Autun.
1943
Classement de la chapelle
Classement de la chapelle
1943 (≈ 1943)
Protection au titre des monuments historiques.
2021
Classement de la grille
Classement de la grille
2021 (≈ 2021)
Ferronnerie du XVIIIe siècle protégée.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Ancienne chapelle, actuellement église Notre-Dame : classement par arrêté du 25 juin 1943 - Les façades et toitures des bâtiments bordant la cour d'honneur et le champ de mars, la cour d'honneur et sa grille de clôture, y compris son soubassement, l'escalier d'honneur (cad. AI 251, 495, cf plan annexé à l'arrêté) : inscription par arrêté du 17 novembre 2014 ; La grille de clôture de la cour d’honneur du lycée Bonaparte, y compris son mur de soubassement, située place du Champ de Mars, sur la parcelle n° 251, figurant au cadastre section AI, telle que figurée sur le plan annexé à l'arrêté : classement par arrêté du 29 juillet 2021
Personnages clés
| Antoine de la Croix - Bienfaiteur |
Légua 15 000 livres pour fonder le collège. |
| Jean-Baptiste Caristie - Architecte |
Conçut l’église Notre-Dame en 1757. |
| Napoléon Bonaparte - Élève célèbre |
Étudia au collège en 1779. |
| Lazare Carnot - Élève et révolutionnaire |
Fréquenta le collège en 1767. |
| Étienne-Guy Charton - Peintre |
Auteur des tableaux de la chapelle. |
| Talleyrand - Évêque d’Autun |
Visita le collège en 1789. |
Origine et histoire
Le lycée Bonaparte d’Autun trouve ses origines dans un collège jésuite fondé en 1618 grâce au legs d’Antoine de la Croix, un habitant d’Autun. Les jésuites, autorisés à s’installer par lettres patentes de Louis XIII en 1613, occupèrent d’abord des bâtiments médiévaux de la rue Saint-Christophe avant de construire un nouveau collège entre 1709 et 1731. L’architecte Jean-Baptiste Caristie conçut l’église Notre-Dame du collège, dont la première pierre fut posée en 1757, mais l’expulsion des jésuites en 1763 interrompit les travaux.
Après le départ des jésuites, le collège fut confié à des prêtres diocésains, puis aux Oratoriens en 1786 sous l’impulsion de l’évêque d’Autun. Ces derniers y restèrent jusqu’en 1792, date à laquelle la Révolution supprima les congrégations enseignantes. Les bâtiments devinrent alors un lieu administratif et une école centrale départementale sous la République, avant d’être rétrocédés à la ville en 1803 pour y établir une école secondaire.
L’ancien collège accueillit des figures historiques comme Napoléon Bonaparte et ses frères Joseph et Lucien, ainsi que Lazare Carnot, tous élèves entre 1767 et 1784. L’église Notre-Dame, inachevée à la Révolution, fut classée monument historique en 1943, tandis que la grille en fer forgé de la cour d’honneur, chef-d’œuvre du XVIIIe siècle, fut classée en 2021. Aujourd’hui, le site allie patrimoine architectural et fonction éducative.
Les transformations successives reflètent les bouleversements politiques et religieux de la France : passage des jésuites aux Oratoriens, sécularisation révolutionnaire, puis rétablissement de l’enseignement public sous Napoléon. La chapelle, devenue église paroissiale Saint-Pancrace en 1802, illustre cette adaptation permanente. Les façades et toitures, inscrites en 2014, témoignent de l’importance architecturale du lieu.
Le lycée conserve des éléments remarquables comme la grille de clôture, commandée au serrurier Moine de Beaune, ou les peintures d’Étienne-Guy Charton dans la chapelle. Ces détails artistiques, associés à l’histoire pédagogique du site, en font un monument emblématique d’Autun, lié à la fois à l’éducation et à l’héritage religieux bourguignon.