Frise chronologique
1844
Fondation de l’institution Saint-Victor
Fondation de l’institution Saint-Victor
1844 (≈ 1844)
Renommée école François-Ier, dirigée par Goubaux.
1848
Devenir collège municipal Chaptal
Devenir collège municipal Chaptal
1848 (≈ 1848)
Spécialisation commerce et industrie.
1863–1876
Construction du nouveau lycée
Construction du nouveau lycée
1863–1876 (≈ 1870)
Architecte Eugène Train, interruption en 1870–1871.
1870–1871
Commune de Paris
Commune de Paris
1870–1871 (≈ 1871)
Site retranché puis ambulance protestante.
1970
Destruction de la chapelle
Destruction de la chapelle
1970 (≈ 1970)
Remplacée par un bâtiment en béton.
29 mai 1987
Classement monument historique
Classement monument historique
29 mai 1987 (≈ 1987)
Protection des bâtiments par arrêté.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Lycée Chaptal (cad. 08 : AU 29) : inscription par arrêté du 29 mai 1987
Personnages clés
| Prosper Goubaux - Fondateur et pédagogue |
Créa l’institution Saint-Victor en 1844. |
| Eugène Train - Architecte du lycée |
Conçut les bâtiments (1866–1876). |
| Jean-Antoine Chaptal - Homme politique et chimiste |
Éponyme du lycée (1756–1832). |
| Edmond de Guerle - Directeur des brancardiers |
Géra l’ambulance pendant la Commune. |
Origine et histoire
Le lycée Chaptal, fondé par le pédagogue Prosper Goubaux sous le nom d’institution Saint-Victor (1844), s’installe initialement entre les rues Blanche et de Clichy. Renommé collège Chaptal en 1848, il se spécialise dans les enseignements commerciaux et industriels, une nouveauté dans une France encore centrée sur les humanités. Endetté, Goubaux cède la direction à la ville de Paris, qui décide de construire un nouveau complexe scolaire pour répondre à l’afflux d’élèves.
En 1863, le conseil d’administration approuve le déménagement vers un jardin de 13 500 m2 entre le boulevard des Batignolles et la rue de Rome. L’architecte Eugène Train conçoit un ensemble monumental en brique et fer, mêlant styles néo-roman et néo-Renaissance, avec des façades ornées des mots « Industrie » et « Commerce », et un buste d’Athéna. Les travaux (1866–1876), interrompus par la guerre franco-prussienne (1870–1871), voient le site servir de retranchement pendant la Commune de Paris, puis d’ambulance protestante pour 300 blessés.
Inauguré en 1874, le lycée accueille dès 1877 plus d’élèves que prévu (1 300 contre 1 000). Pendant la Première Guerre mondiale, il devient un hôpital pour « Gueules cassées ». La chapelle, transformée en bibliothèque en 1881, est détruite dans les années 1970 pour laisser place à un bâtiment en béton abritant un CDI et un gymnase. Classé monument historique en 1987, le lycée conserve un musée d’instruments scientifiques du XIXe siècle, accessible lors d’événements comme la Fête de la science.
Le lycée Chaptal se distingue par son orientation scientifique (17 des 22 classes préparatoires en 2015) et son histoire liée à l’innovation pédagogique. Son association d’anciens élèves, fondée en 1854, reste active. Le site, marqué par des impacts de balles de la Commune, symbolise aussi la résilience parisienne. En 2020, il scolarise 2 000 élèves, de la sixième aux classes préparatoires.
Le nom du lycée rend hommage à Jean-Antoine Chaptal (1756–1832), chimiste et homme politique, tandis que son fondateur, Prosper Goubaux, est honoré par une salle et une place adjacente. Le lycée a aussi servi de décor cinématographique, comme dans À nous les petites anglaises (1976) ou la série Speakerine (2018), où il incarnait le quai des Orfèvres.