Origine et histoire
Le lycée Gerville-Réache, situé à Basse-Terre, occupe des bâtiments inscrits aux Monuments historiques depuis le 15 janvier 1979. L'origine du site remonte au XVIIe siècle lorsque le gouverneur Charles Houël fit donation d'une vaste propriété à des religieux de l'ordre du Carmel et fit construire une maison pour quatre religieux avec jardin et verger; ces carmes desservaient l'église Notre-Dame du Mont-Carmel, côté nord de la place d'armes. Selon le père Labat, le couvent se trouvait un peu en contrebas de la place d'armes, derrière une batterie qui portait leur nom; il fut incendié en 1691, réduit à quelques cases, puis détruit de nouveau par les Anglais en 1703. Au XVIIIe siècle la parcelle s'est réduite et un bâtiment en maçonnerie fut édifié en retrait de la rue; un aqueduc alimentait le couvent à partir de la ravine de l'Espérance. Les carmes quittèrent la Guadeloupe pendant la Révolution. Sous la Restauration et à la suite d'un hôpital antérieur incendié, le gouvernement décida en 1819 de construire un hôpital militaire destiné à remplacer l'établissement brûlé en 1794; la première pierre fut posée le 24 août 1819 et l'édifice achevé le 10 juillet 1821. Les travaux, motivés par la crainte de perdre des fonds de la caisse de réserve, permirent d'achever en deux ans les trois corps principaux, les dépendances et le logement des sœurs hospitalières, formant un ensemble capable d'accueillir 300 malades; en 1825 le pavillon d'entrée n'était pas encore édifié. En 1821 l'ensemble fut reconstruit et l'hôpital Saint-Louis se développa ensuite comme un bâtiment en forme de fer à cheval, sur un seul niveau, avec quatre accès desservant rapidement les locaux; la ventilation était naturelle et un système hydraulique traversait la cour centrale, agrémentée d'un jardin de plantes médicinales. En 1848 des galeries à colonnes de fonte furent ajoutées pour faciliter la circulation et protéger des intempéries et du soleil, et une chapelle bénie le 11 août 1853 fut élevée dans la partie haute du terrain. Après l'incendie qui atteignit une partie de l'hôtel du gouvernement en juillet 1905, l'hôpital, alors désaffecté suite à la construction d'un nouvel hôpital au Camp-Jacob (Saint-Claude), accueillit une partie de l'administration coloniale jusqu'en 1946. À partir de 1950 les bâtiments servirent d'établissement scolaire; le lycée Gerville-Réache, créé en 1931 au Palais d'Orléans et baptisé en 1933 du nom de Gaston Gerville-Réache, y fut installé. Dans les années 1965-1966 les architectes Gérard-Michel Corbin et Gilbert Amarias aménagèrent un internat et un bloc scientifique, et en 1966 Corbin fit édifier un second immeuble de logement. Le site conserve des éléments protégés : les façades et toitures de deux bâtiments d'entrée datant de 1821 ainsi que l'escalier et le portail d'accès à la cour principale sont inscrits aux Monuments historiques. Parallèlement à son activité d'enseignement général, le lycée propose des classes préparatoires économiques et commerciales, des classes préparatoires littéraires et des sections de technicien supérieur. En 2015 l'établissement se classait neuvième sur vingt au niveau départemental pour la qualité de l'enseignement et 1019e au niveau national, classement établi à partir du taux de réussite au baccalauréat, de la proportion d'élèves de première obtenant le diplôme après avoir suivi les deux dernières années dans l'établissement et de la valeur ajoutée. Pour les classes préparatoires, le palmarès de 2014 indique des positions variables selon les concours et les écoles ciblées, avec notamment un taux d'intégration de 40% pour un ensemble d'écoles comprenant l'ESIT, l'ISIT et l'ISMAPP. Parmi les personnalités liées au lycée figurent Josette Borel-Lincertin, ancienne proviseure, ainsi que Marcelle Pierrot, Clémence Botino (Miss France 2020) et Aurélie Otvas, pilote de ligne. Le site conserve enfin des traces de la présence religieuse, notamment la sépulture de Marie Anne Daverne, supérieure principale des sœurs, qui a consacré quarante-quatre ans de sa vie au couvent.