Origine et histoire
Le lycée Jacques Amyot, situé au cœur d’Auxerre, trouve ses origines en 1584, date à laquelle il fut fondé comme collège par l’évêque Jacques Amyot, dont il porte aujourd’hui le nom. L’établissement, initialement voué à l’enseignement secondaire, s’inscrit dans une tradition éducative ancienne, liée à l’influence ecclésiastique de la région. Son entrée principale, située au 3 rue de l’Étang Saint-Vigile, témoigne de son ancrage dans le centre-ville, bien que son adresse administrative actuelle soit le 7 rue Michelet.
La période de construction majeure du lycée remonte à la seconde moitié du XVIIe siècle, sous l’épiscopat de Nicolas Colbert, évêque d’Auxerre de 1672 à 1676. Ce dernier, maître d’œuvre des transformations, a marqué l’histoire architecturale du site. L’ancienne chapelle, élément protégé du monument, a été inscrite aux monuments historiques par arrêté du 17 octobre 1994, soulignant la valeur patrimoniale des lieux. Le lycée abrite également, depuis 1985, une sculpture monumentale en bronze du Minotaure par Arturo Carmassi, ajoutant une dimension artistique contemporaine à ce cadre historique.
Au-delà de son rôle éducatif, le lycée Jacques Amyot — surnommé localement Jacam — propose des classes préparatoires aux grandes écoles, notamment en physique, chimie et sciences de l’ingénieur (PCSI/PSI). Son classement académique en 2015 (6e sur 9 dans l’Yonne, 1 579e au niveau national) reflète son positionnement dans le paysage scolaire français. L’établissement incarne ainsi un héritage à la fois pédagogique, architectural et culturel, depuis la Renaissance jusqu’à l’époque moderne.
La région Bourgogne-Franche-Comté, à laquelle appartient Auxerre, était au XVIIe siècle un territoire marqué par l’influence de l’Église et des élites locales. Les collèges, souvent fondés par des prélats comme Jacques Amyot ou Nicolas Colbert, jouaient un rôle central dans la formation des futures générations et dans la diffusion des savoirs. Ces institutions reflétaient les priorités éducatives de l’Ancien Régime, où l’enseignement était étroitement lié aux pouvoirs religieux et aristocratiques. Le lycée, par son histoire, illustre cette dynamique entre patrimoine bâti et mission éducative.