Origine et histoire du Lycée
Le lycée Jean-Baptiste-Say, situé dans le 16e arrondissement de Paris, est un établissement scolaire emblématique dont les origines remontent au début du XVIIIe siècle. Le bâtiment central, l'hôtel Galpin, fut construit à cette époque comme un hôtel particulier, avant d'être transformé en lieu d'enseignement. L'édifice fut d'abord acquis par l'industriel Étienne Ternaux-Rousseau en 1804, qui le renomma « château Ternaux ». Ce dernier y vécut jusqu'à sa mort en 1830, marquant ainsi la première phase de transformation du site. En 1852, l'abbé Lévêque racheta l'édifice pour y installer l'Institution Notre-Dame, un établissement catholique qui accueillit jusqu'à 300 élèves. Cependant, cette école ferma ses portes en 1870, au début de la guerre franco-prussienne, laissant le bâtiment vacant.
En 1872, la ville de Paris racheta le bâtiment pour y installer l'École normale d'instituteurs de Paris, inaugurée en présence du ministre Jules Simon. Parallèlement, une école primaire supérieure (EPS) fut créée sur le même site, dirigée par M. Menu de Saint Mesmin. En 1875-1876, cette école prit le nom d'« école Jean-Baptiste Say » en hommage à l'économiste français. Les travaux d'agrandissement, menés par l'architecte Germain Sallard, s'étalèrent de 1882 à 1897, encerclant l'ancien château Ternaux de locaux modernes. L'école se spécialisa dans les enseignements scientifiques et technologiques, préparant ses élèves aux métiers du commerce et de l'industrie.
En 1936, le ministre de l'Éducation nationale Jean Zay intégra les EPS à l'enseignement secondaire, marquant une nouvelle étape dans l'évolution de l'établissement. En 1941, sous le ministère de Jérôme Carcopino, l'EPS Jean-Baptiste-Say devint un « collège moderne ». Enfin, en 1953, le lycée d'État Jean-Baptiste Say fut créé, offrant des filières technologiques. Le lycée a également été le théâtre de la création de journaux étudiants, comme le Sayen Libéré en 2017, qui a évolué vers une version numérique en 2020.
Le lycée Jean-Baptiste-Say est également reconnu pour son patrimoine architectural. Le pavillon central, l'ancien hôtel Galpin, est classé au titre des monuments historiques depuis 1928. Le bâtiment abrite des éléments remarquables, tels que le monument aux morts de la Première Guerre mondiale, inauguré en 1921, et la statue « Le Travail » de Charles-Auguste Lebourg. Les salles du lycée portent les noms de personnalités illustres, dont des anciens élèves membres de la Résistance, des scientifiques et des auteurs célèbres. Le lycée compte trois cours de récréation, un amphithéâtre et un préfabriqué moderne, témoignant de son adaptation aux besoins éducatifs contemporains.