Origine et histoire du Lycée
Le lycée Jeanne-d’Arc de Clermont-Ferrand, construit entre 1894 et 1899 par l’architecte municipal Jean Teillard, incarne l’idéal éducatif de la Troisième République. Conçu initialement comme un lycée de jeunes filles, il se distingue par son style éclectique, mêlant arcs roman, minarets byzantins et pignons nordiques, avec des matériaux locaux comme l’andésite ou l’arkose. Son plan en U, centré sur une cour intérieure, reflète une organisation fonctionnelle (administration, salles de classe, internat), tout en intégrant des éléments décoratifs remarquables : buste de Jeanne d’Arc par Henri Gourgouillon, bas-reliefs de Claude Bouscau (1964), et moulages de statues historiques.
Inscrit aux monuments historiques en 2001, l’ensemble comprend aussi le Petit Lycée (1877-1880) de François-Louis Jarrier, ainsi que des espaces intérieurs protégés (escalier d’honneur, chapelle, bibliothèque). Le site a connu des extensions majeures, comme l’externat des années 1960 par Georges Noël, et une rénovation globale entre 1987 et 1992 (sécurité, aménagement des cours, création de selfs et centres de documentation). Symbole de modernité pour son époque, il illustre l’ambition républicaine d’éducation féminine et l’innovation architecturale.
Le lycée a également joué un rôle historique pendant la Libération : entre 1945 et 1946, il ouvrit une annexe à Vichy pour pallier l’absence de lycée de jeunes filles dans cette ville, avant la création du lycée des Célestins. Aujourd’hui, l’établissement se distingue par son excellence académique (99 % de réussite au baccalauréat en 2024) et ses sections internationales (britannique, chinoise, européennes). Il abrite aussi un patrimoine artistique unique, comme les terres cuites vernissées et les fresques célébrant Jeanne d’Arc.
Parmi les personnalités liées au lycée figurent des résistantes comme Germaine Tillion, des pionnières scientifiques (Thérèse Planiol, première femme agrégée de médecine), ou des figures culturelles (Laure Adler, Danièle Gilbert). Classé 3e plus beau lycée de France en 2023 (Topito), il allie héritage patrimonial et dynamisme éducatif, tout en étant un établissement refuge LPO depuis 2025.
L’architecture du lycée, saluée pour son fonctionnalisme et son esthétisme, utilise des matériaux variés (brique, pierre calcaire, fonte) et des motifs symboliques (bas-reliefs sur la vie de Jeanne d’Arc). La chapelle, le vestibule orné d’une réplique de la statue de Domrémy, et les jardins en terrasse (aujourd’hui partiellement disparus) témoignent de cette richesse. Propriété de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, le site reste un exemple emblématique du patrimoine scolaire français.