Origine et histoire
Le lycée Lakanal, situé à Sceaux dans les Hauts-de-Seine, fut construit entre 1882 et 1885 par l'architecte Anatole de Baudot dans un style inspiré du lycée Michelet de Vanves. Inauguré en 1885 sous la Troisième République, il était conçu comme un « lycée à la campagne », destinées à des élèves doués mais fragiles, dans un cadre arboré répondant aux principes hygiénistes de l'époque. Son parc, toujours présent, abrite des arbres centenaires et rares, et l'établissement accueille aujourd'hui un collège, un lycée et des classes préparatoires.
Le lycée porte le nom de Joseph Lakanal, conventionnel ayant proposé en 1794 la création de 20 000 écoles et de l'INALCO. À l'origine réservé aux garçons, il accueillait des pensionnaires parisiens arrivant par train depuis Denfert-Rochereau. Pendant la Première Guerre mondiale, il fut transformé en hôpital auxiliaire (n°219), tout en maintenant les cours. Son monument aux morts, œuvre d'Albert Pouthier, rend hommage à 174 anciens élèves morts au combat, dont Charles Péguy et Alain-Fournier.
Durant la Seconde Guerre mondiale, le lycée servit d'hôpital militaire allemand tout en abritant des élèves de Lakanal et de Marie-Curie, ce dernier étant occupé par la Luftwaffe. Des légendes évoquent des souterrains reliant les deux établissements, utilisés pour sauver des familles juives. Après-guerre, le lycée s'étend avec des annexes à Savigny-sur-Orge (1947) et Antony (1958), devenant mixte en 1971. Il est aujourd'hui réputé pour ses classes préparatoires et son patrimoine architectural protégé depuis 2001.
L'établissement abrite une fresque monumentale d'Octave Denis Victor Guillonnet (1899), classée, représentant Les Félibres assistant à une partie de rugby. Son parc, son gymnase, et certaines salles (comme le grand parloir) sont protégés. Le lycée a inspiré des œuvres culturelles, comme la chanson Bourg-la-Reine de Julien Clerc (ancien élève) ou le roman Le Lycée des artistes de Jean-Marc Parisis. Il reste un symbole de l'éducation républicaine, mêlant héritage historique et modernité pédagogique.
Architecturalement, le lycée reflète l'influence du modèle anglais, avec des espaces verts vastes et une organisation favorisant l'internat, bien que ce dernier ait décliné au XXe siècle. Les classes primaires, aujourd'hui disparues, bénéficiaient déjà d'enseignements artistiques et sportifs. Le site, partiellement détruit (piscine, chapelle, manège vers 1980), conserve des éléments majeurs de sa conception initiale, comme les préaux couverts et les circulations intérieures.