Frise chronologique
1697
Construction initiale
Construction initiale
1697 (≈ 1697)
Hôtel particulier bâti pour Pierre Beauchamps.
1740
Reconstruction par Mansart de Sagonne
Reconstruction par Mansart de Sagonne
1740 (≈ 1740)
Agrandissement pour le marquis de Saint-Florentin.
1891
Rachat par l'État
Rachat par l'État
1891 (≈ 1891)
Devenu propriété du ministère de l'Instruction publique.
1893
Fondation du lycée
Fondation du lycée
1893 (≈ 1893)
Ouverture en tant que lycée de jeunes filles.
1923
Classement des boiseries
Classement des boiseries
1923 (≈ 1923)
Salon classé Monument Historique.
1940
Centre de réfugiés
Centre de réfugiés
1940 (≈ 1940)
Accueil durant l'Exode.
années 1960
Extension et mixité
Extension et mixité
années 1960 (≈ 1960)
Annexion de la filature, devenir mixte.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le salon (cabinet de la directrice) : classement par arrêté du 4 décembre 1923
Personnages clés
| Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne - Architecte |
Reconstruit l’hôtel en 1740. |
| Louis Phélypeaux de Saint-Florentin - Marquis et ministre |
Propriétaire de l’hôtel au XVIIIe siècle. |
| Pierre Beauchamps - Maître de ballet |
Premier propriétaire de l’hôtel (1697). |
| Charles-Nicolas Duclos du Fresnoy - Notaire royal et mécène |
Propriétaire après 1769, collectionneur d’art. |
| Jeanne Lévy - Médecin et ancienne élève |
Première femme professeure à la faculté de médecine de Paris (1959). |
| Alphonse de Lamartine - Poète et homme politique |
Inspire le nom du lycée. |
Origine et histoire
Le lycée Lamartine est un établissement scolaire public du 9e arrondissement de Paris, fondé en 1893 dans un hôtel particulier construit en 1740 par l'architecte Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne pour le marquis Louis Phélypeaux de Saint-Florentin. Ce bâtiment, initialement édifié en 1697 pour Pierre Beauchamps, maître de ballet de Louis XIV, fut agrandi et transformé en résidence aristocratique avant d’être racheté en 1891 par le ministère de l’Instruction publique pour y installer un lycée de jeunes filles.
L’hôtel particulier, dont les façades et certains intérieurs (comme le salon aux boiseries classées Monument Historique en 1923) datent du XVIIIe siècle, fut adapté pour accueillir des salles de classe à la place de l’ancien jardin. Contrairement aux lycées de garçons de l’époque, souvent construits ex nihilo dans un style monumental, le lycée Lamartine réutilisa un patrimoine existant, reflétant une approche distincte de l’éducation féminine sous la Troisième République.
Au XXe siècle, le lycée évolua avec son temps : il devint mixte, annexa une ancienne filature de coton voisine (surnommée « la cour coton ») pour faire face à l’afflux d’élèves dans les années 1960, et développait des enseignements artistiques (théâtre, arts plastiques, musique). Pendant la Seconde Guerre mondiale, il servit brièvement de centre pour réfugiés lors de l’Exode (1940) et subit les persécutions antisémites sous l’Occupation, avec la déportation de nombreuses élèves juives.
Aujourd’hui, le lycée Lamartine se distingue par sa dominante littéraire et ses options artistiques, tout en proposant des enseignements scientifiques et économiques. Son histoire reflète les transformations de l’éducation en France, depuis la création des lycées de jeunes filles jusqu’à la mixité et l’ouverture culturelle. L’établissement abrite également une classe préparatoire aux grandes écoles (hypokhâgne), bien que cette filière soit menacée de suppression en 2024.
Le site, situé au 121 rue du Faubourg-Poissonnière, conserve des traces de son passé aristocratique, comme l’escalier du jardin ou les boiseries du XVIIIe siècle, tout en s’inscrivant dans le paysage éducatif parisien contemporain. Proche de la gare du Nord et de l’église Saint-Vincent-de-Paul, il reste un lieu emblématique du 9e arrondissement, mêlant héritage architectural et vocation pédagogique.