Origine et histoire
Le lycée Michelet, ou cité scolaire Michelet, est un établissement situé à Vanves dans les Hauts-de-Seine. Il réunit un collège, un lycée d'enseignement général et des classes préparatoires aux grandes écoles. Ses bâtiments, partiellement inscrits aux monuments historiques, sont entourés d'un parc de 17 hectares. Le site a une histoire remontant au XVIIe siècle, avec le château de Vanves, probablement bâti vers 1650 pour l'abbé Charles Le Prevost, seigneur de Vanves de 1638 à 1661. En 1655, Claude Lebas de Montargis en devient propriétaire et confie à Jules Hardouin-Mansart la construction d'un nouveau château, achevé en 1704.
Le château est vendu comme bien national pendant la Révolution française, puis racheté en 1799 par le Prytanée français (actuel lycée Louis-le-Grand) pour servir de maison de campagne aux élèves. En 1853, les petites classes du lycée y sont installées définitivement. En 1859, le château est agrandi, et une chapelle est construite. Le lycée devient indépendant en 1864 sous le nom de lycée du Prince-Impérial, puis prend successivement les noms de lycée Buffon, lycée de Vanves, et enfin lycée Michelet en 1888. De nouveaux bâtiments sont construits dans les années 1880 sous la direction de l'architecte Alfred-Nicolas Normand.
Pendant la Première Guerre mondiale, le lycée sert d’hôpital chirurgical militaire. Durant la Seconde Guerre mondiale, il est occupé par un centre de repos de la Kriegsmarine. Les façades et toitures des bâtiments édifiés avant 1900, ainsi que l'intérieur de l'ancien gymnase et de la salle des fêtes, sont inscrits aux monuments historiques en 1986. Le lycée compte parmi ses infrastructures une chapelle désacralisée, une piscine, deux gymnases, un mur d'escalade, et un parc boisé. Il a également servi de lieu de tournage pour plusieurs films, dont 20 ans d'écart (2013) et Microbe et Gasoil (2015).
Le lycée Michelet accueille aujourd'hui plus de 2 250 élèves, répartis entre le collège, le lycée général et les classes préparatoires. Il propose six filières de CPGE (ECS, ECT, LSH, MP, PC*, PSI) et dispose d'infrastructures sportives variées, dont un terrain de football synthétique, une piste d'athlétisme, et un dojo. Son association sportive, l'Union athlétique du lycée Michelet (UALM), fondée en 1890, est l'une des plus anciennes de France. Le lycée a célébré plusieurs anniversaires marquants, dont son centenaire en 1964 et son 150e anniversaire en 2014.
Parmi les événements historiques notables, on retient l'incendie partiel du lycée en 1871 pendant la Commune de Paris, ainsi que son rôle d'hôpital temporaire en 1919 pour les militaires français. Le lycée a également été marqué par la déportation de Jean Warin, professeur de lettres et résistant, mort en 1944 au camp de Neuengamme. Son nom a été donné à la bibliothèque des professeurs en 1945. Les bâtiments historiques, incluant la chapelle en brique et pierre, la piscine en pan de fer, et le gymnase avec lanterneau, témoignent de son riche passé architectural.
Les architectes Jules Hardouin-Mansart, Louis Joseph Duc, et Alfred Normand ont successivement contribué à la construction et à l'agrandissement du lycée. Le domaine initial comprenait un jardin régulier, une orangerie, une glacière, et divers bâtiments agricoles. Aujourd'hui, le lycée conserve des éléments patrimoniaux comme le pavillon Mansart, une roseraie, et deux pyramides en verre organique, répliques réduites de la pyramide de Khéops, installées en 1995. Ces éléments, combinés à son histoire éducative et militaire, font du lycée Michelet un site emblématique du patrimoine francilien.