Frise chronologique
1920
Lancement du concours architectural
Lancement du concours architectural
1920 (≈ 1920)
Maurice Payret-Dortail lauréat pour le groupe scolaire.
1927
Inauguration du groupe scolaire
Inauguration du groupe scolaire
1927 (≈ 1927)
Ouverture avec 1 500 élèves et équipements modernes.
1937
Agrandissement du lycée
Agrandissement du lycée
1937 (≈ 1937)
Construction du bâtiment E par Georges Demay.
1948
Renommage en lycée Paul Langevin
Renommage en lycée Paul Langevin
1948 (≈ 1948)
Hommage posthume au physicien français.
1993
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
1993 (≈ 1993)
Protection du lycée et de ses sols.
1996
Classement du gymnase et de la piscine
Classement du gymnase et de la piscine
1996 (≈ 1996)
Reconnaissance patrimoniale des équipements sportifs.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Lycée et ses sols, à l'exception des parties classées (cad. F 1) : inscription par arrêté du 13 octobre 1993 - Bâtiment abritant sur deux niveaux la piscine et le gymnase (cad. F 1) : classement par arrêté du 12 avril 1996
Personnages clés
| Maurice Payret-Dortail - Architecte du lycée |
Concepteur du projet lauréat en 1920. |
| Henri Sellier - Maire de Suresnes (1919-1941) |
Initiateur du programme social et éducatif. |
| Paul Langevin - Physicien (1872-1946) |
Éponyme du lycée depuis 1948. |
| Youla Chapoval - Peintre (1919-1951) |
Auteur des fresques de l’entrée en 1950. |
| Paul Richer - Sculpteur |
Auteur de la statue *Le Bûcheron* (1899). |
| Jules Dalou - Sculpteur |
Créateur du vase *L’Âge d’or* (1888). |
Origine et histoire
Le lycée Paul-Langevin, situé à Suresnes (Hauts-de-Seine), est un établissement scolaire public construit en 1927 sous l’impulsion du maire Henri Sellier, dans le cadre d’un projet social et urbain ambitieux. Conçu par l’architecte Maurice Payret-Dortail, lauréat d’un concours lancé en 1920, il incarne les idéaux hygiénistes et éducatifs de l’entre-deux-guerres, avec des équipements modernes (piscine, gymnase, laboratoires) et une architecture innovante en brique et béton. Initialement nommé en hommage à son architecte, puis à Édouard Bénès, il prend en 1948 le nom du physicien Paul Langevin.
Le lycée est conçu comme un « groupe scolaire » regroupant écoles maternelle, primaire, primaire supérieure, et écoles pratiques de commerce et d’industrie, répondant aux besoins d’une population ouvrière en pleine expansion. Son architecture, marquée par des bâtiments bas, des cours lumineuses et des décors artistiques (sculptures, céramiques de Sèvres, maximes gravées), rompt avec l’austérité traditionnelle des établissements scolaires. Les matériaux (brique rouge, béton) et les techniques (chauffage central, aération) reflètent une volonté de durabilité et de confort pour les 1 500 élèves accueillis dès les années 1930.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le lycée devient un foyer de résistance : des professeurs cachent des tracts clandestins, aident des élèves à fuir le STO, et participèrent aux combats de la Libération. En 1948, il est renommé en l’honneur de Paul Langevin, symbole des valeurs scientifiques et humanistes. Les décennies suivantes voient son évolution vers un lycée autonome (1950), des rénovations (années 1990), et une diversification de l’offre pédagogique, malgré des défis liés à la mixité sociale.
Classé partiellement aux monuments historiques (1993 pour le lycée et ses sols, 1996 pour la piscine et le gymnase), l’établissement conserve des éléments remarquables comme les fresques de Youla Chapoval, les statues de Paul Richer et Jules Dalou, ou les devises éducatives gravées. Aujourd’hui, il propose des filières générales et technologiques, ainsi que des BTS, tout en luttant contre une réputation contrastée due à son positionnement géographique entre communes aisées et défavorisées.
Son histoire reflète les mutations de l’éducation publique française, entre ambitions sociales, innovations architecturales et enjeux contemporains. Le lycée reste un témoignage majeur de l’utopie éducative des années 1920, mêlant progrès technique, art et engagement citoyen.